Brabant Entretien

Rendu célèbre voici quinze ans comme délégué syndical lors du conflit des Forges de Clabecq, Roberto D’Orazio est à l’affiche du film "Au cul du loup" dont la sortie est prévue ce mercredi. Un premier vrai rôle après être déjà monté sur les planches avec François Pirette et une micro-apparition dans "Cowboy" de Benoît Mariage. A 56 ans, l’ex-délégué habite toujours Clabecq, pense toujours politique et a retrouvé un emploi comme ouvrier de maintenance au centre culturel de Tubize.

Il paraît que le réalisateur Pierre Duculot cherchait un vieil Italien ronchonneur pour un rôle et qu’il a alors pensé à vous…

Oui, c’est vrai. (rires) Mais il ne me l’a pas tout de suite présenté comme cela. Pierre Duculot en tant qu’enseignant avait donné cours à l’une de mes nièces. Il m’a rencontré pour me parler du scénario. Cela m’intéressait et j’ai accepté.

Avant, vous ne faisiez pas aussi un peu de cinéma ? A l’époque du conflit des Forges, vous étiez quand même un “bon client” pour les médias…

J e ne faisais pas de cinéma, j’ai cette façon de m’exprimer. Mais comme je le dis souvent, je viens du pays de la Commedia dell’arte et il faudrait voir si cela ne doit pas rester dans les gènes. Mais quand on fait du cinéma, on sait que c’est faux. A l’époque, j’étais dans une réalité on ne peut plus réaliste. On nous foutait dehors, donc l’adrénaline était au maximum.

Avoir Roberto D’Orazio dans une distribution, n’est-ce pas un “élément marketing” ?

Franchement, connaissant Pierre, je ne le pense pas. Mais je n’irai pas jusqu’à dire que le fait de me choisir n’est pas une résultante du conflit des Forges. Sans celui-ci, il n’aurait pas songé à moi. Je ne passe pas de casting. J’ai fait partie de ses connaissances à travers le conflit. Mais ce n’est pas une relation de marketing. Ce film, il a sa valeur en soi avec ou sans D’Orazio. Il a songé à moi comme personnage pour un rôle et il m’a pris.

Vous avez aussi des projets de théâtre…

Nous sommes occupés à discuter avec le metteur en scène Lorent Wanson pour voir comment on peut écrire l’histoire du conflit. Ce que cela a amené. Ce qui a déplu. Car si on en parle encore aujourd’hui, c’est que cela a eu des conséquences. Il faut savoir tirer le bilan, ce qui n’a pas encore été fait.

Mais vous avez retrouvé du boulot…

Oui, mais après 10 ans de chômage dont six marqués par un procès Et on prépare aussi les élections. Mon fils Samuel est échevin. On sort peut-être de l’actualité mais pas de la vie sociale.

Les communales, justement, elles se préparent pour Tubize ?

On est en train de voir comment s’organiser avec les connaissances. La liste DPS qu’on avait présentée en 2006 a eu un échevinat. Si j’y suis, c’est pour les pousser. Si j’ai envie de faire quelque chose, je viserais l’Europe. A Tubize, place aux jeunes