Brabant

Depuis 1990, la ville d'Ottignies-Louvain-la-Neuve est jumelée avec celle de Veszprém, en Hongrie. Les médecins généralistes d'Ottignies, de Court-Saint-Etienne et de Bousval, regroupés en association, ont profité de l'initiative de la Ville pour développer des relations avec leurs collègues hongrois, dès 1991. Ils fêtent donc en ce moment leur quinze années d'échanges. Objectif: partager les bonnes pratiques dans le domaine de la médecine générale, et entretenir des liens d'amitié entre les docteurs hongrois et belges.

Les premiers voyages ont eu lieu un peu après la chute du mur de Berlin, tandis que le dernier en date s'est déroulé au mois de juin 2006. «Pendant ces 15 ans, nous avons vraiment pu vivre toute l'évolution socio-économique du pays», explique le docteur Patrick Piret-Gérard, président de l'Association des médecins généralistes de Court-Saint-Etienne, Ottignies et Bousval, qui est à l'initiative du jumelage. «Lorsque nous sommes arrivés, la clinique de Veszprém, par exemple, était équipée comme l'un des nos hôpitaux dans les années 70. Maintenant, tout a été rénové, il y a une aile plus moderne... On peut dire que la clinique d'Ottignies et celle de Veszprém, c'est chou vert et vert chou!»

Si le but principal du jumelage reste la découverte des pays jumelés et la rencontre personnelle avec les médecins locaux, les échanges s'effectuent aussi dans un but médical. Ainsi, la clinique d'Ottignies a participé pendant plusieurs années à un programme d'échange avec la Hongrie, comme elle le fait actuellement avec un hôpital congolais à Kinshasa. En 1994, alors qu'un médecin spécialiste de la clinique St-Pierre d'Ottignies accompagne la délégation ottintoise à Veszprém, le chef de l'hôpital hongrois propose de faire venir des médecins spécialistes à Ottignies afin qu'ils s'initient au contexte de travail hospitalier et aux techniques modernes belges. Se succéderont alors à Saint-Pierre, une gastro-entérologue, deux chirurgiennes, deux internistes, un radiologue, une biologiste, et ce chaque fois pour une durée de deux mois... «Ils avaient à l'époque de bonnes connaissances, mais les outils modernes leur manquaient. Actuellement, la demande de leur part est évidemment moindre», constate le Dr Patrick Piret-Gérard. Mais les relations entre ces médecins spécialistes et leurs homologues ottintois se sont maintenues, tandis que la clinique d'Ottignies participe toujours au jumelage en accueillant le «mini-congrès» médical, qui a lieu pendant chacun des voyages. «Par ce biais, nous essayons chacun de nous apporter des informations. Ainsi, de notre côté nous avons réalisé des exposés sur la médecine de dépistage, les techniques de prévention (alcool, cholestérol, cancer du sein...) et expliqué le fonctionnement du centre local de prévention de la santé qui existe dans le Brabant wallon. Nous avons aussi parlé de la désensibilisation au tabac, alors que ce genre d'initiatives ne fait que débuter chez eux.» Mais les médecins généralistes brabançons ont aussi découvert des modes de travail particuliers chez leurs collègue hongrois, dont certains sont hérités de la période communiste. «Ils travaillent de façon groupée, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs médecins pour un seul cabinet. L'avantage, c'est que leur temps est mieux géré. Ils ont une bien meilleure qualité de vie que nous! Car si l'un est en vacances, l'autre peut le remplacer. Ce genre d'organisation commence à se voir chez nous, mais cela n'arrive que petit à petit...» Une dizaine de médecins brabançons et une vingtaine de médecins de la région de Veszprém participent actuellement au jumelage. Le prochain voyage d'échange est prévu pour 2008.

© La Libre Belgique 2006