Brabant Si les travaux du RER ont repris depuis peu, il faudra encore patienter.

Après plus de trois ans d’arrêt presque complet, les travaux de mise à quatre voies des lignes 124 et 161 entre Bruxelles et le Brabant wallon ont repris il y a quelques semaines. Et hier, le Premier ministre Charles Michel et son ministre de la Mobilité François Bellot, entourés des hautes sphères d’Infrabel, ont symboliquement entériné le redémarrage des travaux du côté d’Hoeilaart, en Brabant flamand.

Mais si les politiques se réjouissent de la reprise du chantier, il faudra encore attendre plusieurs années avant que le RER ne soit complètement opérationnel. Notamment parce qu’il faut aujourd’hui relancer les procédures d’attribution des marchés publics. Désigner les entreprises chargées de certains tronçons devrait encore prendre plusieurs semaines.

Ensuite car le chantier est techniquement complexe. Et qu’il reste encore de nombreux kilomètres de voies à poser. "Il s’agit d’un chantier compliqué, confie le Premier ministre Charles Michel. On a eu des imprévus, des obstacles, des peaux de bananes qui ont retardé le chantier. On a dû renflouer les caisses qui, pour rappel, étaient vides il y a trois ans. Aujourd’hui, on reprend le chantier étape par étape pour s’assurer une meilleure gestion des imprévus, en espérant qu’il n’y ait plus de peaux de bananes. Les conditions pour mener à bien ce projet sont aujourd’hui plus solides que par le passé."

Si le ministre Bellot affirme que le RER pourra effectivement démarrer en 2024, ce ne sera sans doute pas le cas avant 2026 en Brabant wallon.

Ligne 161: Bruxelles-Ottignies

Les travaux de mise à quatre voies entre Bruxelles et Hoeilaart viennent de recommencer. Le génie civil est déjà construit. Il faut désormais placer le ballast et les voies. Fin espérée en juin 2005

Les travaux de mise à quatre voies entre La Hulpe et Ottignies ne démarreront pas avant l’an prochain. Là aussi, le génie civil est en ordre. Restent le ballast, le remplacement des caténaires et la pose des voies. Fin prévue en 2026.

La mise à quatre voies entre Ottignies et Louvain-la-Neuve démarrera également en 2019. Sur ce tronçon, le délai est de quatre ans. Fin espérée en 2023, donc.

Enfin, les travaux d’amélioration du nœud ferroviaire d’Ottignies débuteront cette année. Mais ils ne pourront être totalement terminés qu’après la mise en service du RER.

La mise en service du RER sur la ligne 161 ne pourra donc être effective qu’à partir de juin 2025 entre Bruxelles et Hoeilaart. Et seulement à partir de décembre 2026 en Brabant wallon.

Ligne 124: Bruxelles-Charleroi

Les travaux de mise à quatre voies reprendront cette année entre Waterloo et la gare de Braine-Alliance. Fin espérée en décembre 2025.

Le chantier concernant la mise à quatre voies entre Lillois et Nivelles ne démarrera qu’en 2019. Avec une fin espérée en décembre 2029.

Le chantier entre Bruxelles-Midi et Uccle devrait reprendre en 2020 avec une fin prévue en 2024.

Les travaux entre Linkebeek et De Hoek sont ceux qui ont subi le plus grand retard. La faute aux recours au Conseil d’État qui ont débouché, pour une raison d’emploi des langues, sur l’annulation des permis. De nouvelles demandes de permis vont être introduites. Le génie civil n’a pas encore été réalisé. Il faudra ensuite installer le ballast, rénover les caténaires et installer les rails. Dans le meilleur des cas, les travaux ne pourront débuter qu’en 2021. Fin espérée en 2031.

Ce tronçon étant en aval sur la ligne par rapport à Waterloo, l’arrivée du RER à Waterloo, Braine-l’Alleud et Nivelles ne se fera donc pas avant 2031.


Trois questions à Philippe Denayer, ingénieur-chef de projet RER chez TucRail

1. On peut rassurer les riverains ? Pas de travaux de nuit ?

"Pas tout à fait. Des travaux de nuit sont bien prévus mais de manière ponctuelle. Chaque fois que des travaux de nuit seront organisés, on informera les riverains sur l’amplitude, la nature des travaux ou les raisons du bruit qu’ils pourraient entendre."

2. Pourquoi réaliser ces travaux de nuit ?

"Certains travaux nécessiteront de couper la circulation ferroviaire. Pour ne pas pénaliser les voyageurs en journée, il a été décidé de programmer ces travaux de nuit. Mais pas plus de 4 h 30 pour que les premiers trains du matin puissent circuler sans problème. Certains travaux nécessiteront aussi des coupures le week-end en journée. Si nous pouvions faire les travaux sans nous soucier du trafic, tout serait réalisé en trois ans."

3. Comment expliquer le retard important dans les travaux du RER ?

"Il y a une multitude de raisons. Administratives tout d’abord, avec des recours introduits et gagnés, notamment en Région flamande. Pour des raisons techniques ensuite. A certains endroits, on a jugé préférable de ne pas faire d’expropriation. Résultat : plutôt que de mettre les voies de part et d’autre des voies actuelles, on les met tantôt à droite, tantôt à gauche. Cela implique à certains endroits des travaux de génie civil plus importants qui, a posteriori, entraînent des délais de réalisation plus longs."