Brabant Les travaux ne devraient pas reprendre avant dix-huit mois. Soit en 2019 au plus tôt.

Les usagers du train qui empruntent régulièrement les lignes 124 et 161 reliant respectivement Nivelles et Ottignies à Bruxelles l’ont sans doute constaté : plus rien ne semble bouger concernant le chantier du RER.

Et pour cause : hormis des travaux ponctuels tels que l’installation d’un portique ici et là, les travaux du réseau express régional sont à l’arrêt depuis plusieurs mois. Au grand désarroi des navetteurs qui désespèrent de voir enfin arriver ce monstre du Loch Ness facilitant, en l’accélérant, leur trajet vers la capitale.

Pas en capacité financière

Pourtant, le ministre des Transports, François Bellot, indiquait encore il y a peu avoir débloqué un milliard d’euros pour la finalisation du chantier. Mais des indiscrétions nous indiquent qu’Infrabel, le maître d’œuvre du chantier, n’aurait pas encore vu la couleur de cet argent. Et que, dès lors, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge ne peut relancer les démarches administratives permettant de reprendre les travaux.

Ce n’est qu’une fois que cette somme sera officiellement débloquée qu’Infrabel pourra reprendre la main. Ce qui pourrait prendre encore quelques semaines, voire quelques mois. Au sein d’Infrabel, on confirme ne pas pouvoir relancer les travaux actuellement. "Nous n’avons pas la capacité financière de réaliser ces travaux sur fonds propres, nous explique-t-on. Et nous ne voulons pas nous lancer dans des travaux que nous ne pourrions terminer, faute de budget. C’est pourquoi on attend la garantie officielle du déblocage de ce milliard par le Fédéral."

Avec une donnée qui risque de complexifier encore les choses : la clef de répartition qui impose que, si on investit 40 millions en Wallonie, il faut en investir 60 en Flandre. "L’arbitrage politique sera important, confie-t-on chez Infrabel. Une fois que l’argent sera débloqué et que les politiques se seront mis d’accord sur quels travaux réaliser et où, on pourra remettre nos ingénieurs au boulot."

Ceux-ci seront chargés d’établir de nouveaux cahiers des charges en vue de relancer les procédures d’attribution des marchés publics, puis l’obtention de nouveaux permis, les anciens étant tous périmés. "Le timing le plus optimiste table sur l’obtention des permis dans un délai de douze et dix-huit mois une fois l’argent débloqué."

Situation inéquitable

Pour la ligne 161, cela entraîne une mise en service du RER en 2024, au mieux, et en 2027 pour la ligne 121, la politique étant désormais de finaliser une ligne avant de reprendre les travaux sur l’autre.

Mais, de l’aveu même d’Infrabel, "la situation est inéquitable en Brabant wallon". Il faut dire qu’actuellement, 90 % du génie civil (assiette des rails, tunnels, ponts…) est réalisé sur la ligne 161 reliant Ottignies à Bruxelles, là où seulement 25 à 30 % le serait sur la ligne 124 reliant Nivelles à Bruxelles. "Pour cette ligne, nous avons avancé plus prudemment par le passé, admet Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. Ceci car nous n’avons pas eu les permis à Linkebeek et Rhode-Saint-Genèse en raison de recours de riverains pour des questions administratives."

Une fois les permis obtenus, il est donc plus que probable que l’on termine les travaux sur la ligne 161 où il ne manque que 10 % du génie civil. "Nous aurions déjà pu avancer en installant les rails, les caténaires et l’électricité, mais il faut savoir que des rails qui ne sont pas utilisés s’usent plus vite car plus sujets à la corrosion. Et installer l’électricité revenait à s’exposer à des vols des câbles de cuivre."