Brabant

Petit cours pratique de toponymie et surtout une belle introduction à la chanson des rues néolouvanistes. Rien de tel qu’un cas concret ! A Louvain-la-Neuve, le Cesec, le fameux cercle des étudiants en sciences économiques, sociales et politiques, fête cette année le trente-cinquième anniversaire de son transfert sur le site de Louvain-la-Neuve. Pour nos plus anciens lecteurs, ce lieu de rencontre estudiantin figurait sans conteste aussi parmi les principaux lieux de rencontre de Louvain l’Ancienne. Peu ont dès lors oublié qu’il était installé à sa dernière époque, entendez : avant le transfert consécutif au "Walen buiten" à la fameuse avenue des Alliés - la Bondgenotenlaan - entre la gare et la Grand-Place ainsi dénommée, s’il nous souvient bien, en hommage aux libérateurs de la ville universitaire dont le centre avait été littéralement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais à LLN, l’adresse est un peu moins prestigieuse, même si l’endroit est tout aussi sympa. Il y est en effet implanté à la rue du Buret.

En référence au buret, ce mollusque gastéropode de Méditerranée, à coquille épineuse, dont on extrayait la pourpre ? Que nenni la rue du quartier des Bruyères a été dénommée de la sorte parce qu’à l’endroit où elle a été tracée, se trouvait un "bois de Buret" dont le seigneur de Mousty, un certain M. de Mont de Buret, aurait été le propriétaire. Une information elle-même puisée dans les travaux des historiens locaux.

La commission de toponymie mise en place lors de la création de la ville nouvelle a donc validé ce choix qui a été confirmé par une décision du conseil communal du 1er mars 1977.

Si l’on a évoqué là, par le détail, l’histoire d’une des plus petites artères de LLN, il est possible de répéter l’exercice pour toutes les rues, places, impasses, avenues, boulevards et aussi quartiers et hameaux grâce à un magnifique travail de la Fondation wallonne Pierre-Marie et Jean-François Humblet réalisé sous la houlette de Luc Courtois avec la collaboration d’Isabelle Lejeune, Sofia Lemaître, Jean-Marie Pierret et Jean Pirotte.

Il s’agit en fait d’une réédition largement complétée, et pour cause, d’une première étude réalisée à la fin des années nonante. Depuis lors, les quartiers des Bruyères et de Lauzelle se sont largement développés sans même parler de la métamorphose du centre urbain.

Bref, il y avait une excellente raison de remettre l’ouvrage sur le métier et de l’encadrer aussi d’outils modernes récents, tels un site Internet, un dossier pédagogique et même une exposition.

Ainsi dit, ainsi fait, et voilà qu’un bébé bien joufflu et plus qu’impressionnant de 500 pages a été remis sur la place publique il y a quelques mois.

"Les rues de Louvain-la-Neuve racontent " est son titre et s’il se présente comme un dictionnaire, il en offre certainement les avantages des meilleurs du genre. Chacune des centaines de notices propose pas moins de quatre types d’informations : techniques, encyclopédiques - quand cela se justifie -, linguistiques, ainsi qu’une explication du choix de la Commission de toponymie. Et à côté de noms de rues choisis dans l’environnement immédiat, la Commission a privilégié la toponymie ancienne du site, l’histoire louvaniste de l’institution et, d’une manière générale, les réalités et le patrimoine wallon. Le tout illustré abondamment et donnant donc l’envie de s’y replonger plus qu’à son tour.

L’on y apprend, par exemple aussi, toute l’histoire des fresques qui ornent la ville nouvelle, y compris de celles qui ont disparu en partie, comme la fresque de Claude Rahir sur l’histoire de l’université que le développement du centre urbain a, malheureusement, selon nous, fait disparaître.

Bref, un ouvrage aussi agréable qu’utile pour ceux qui sont attachés au terroir brabançon wallon et plus spécifiquement ottinto-néolouvaniste

L’ouvrage est paru dans la collection "Mémoires de Wallonie" de la Fondation Humblet. Renseignements : Verte Voie, 20, 1348 LLN, téléphone : 010/45.51.22; mail : info@fondationwallonne.org. Le site a comme adresse : www.fondationwallonne.org