Brabant Francophones divisés à Linkebeek, Flamands renforcés à Rhode.

A la veille des vacances, les partis se mettent en ordre de marche pour les communales. Dans les communes à facilités autour de Bruxelles, les réalités de terrain contrastent parfois avec l’inévitable bras de fer binaire entre francophones et néerlandophones qui a cependant des exceptions, comme à Kraainem.

Jeudi, on a appris que la liste flamande de Rhode repartirait unie au combat sous la houlette de l’actuelle unique échevine néerlandophone Anne Sobrie. Une revenante qui n’est autre que la fille de Celine "Puck" Algoet, la dernière bourgmestre flamande (et CVP) de l’entité. Grand changement : la dénomination "Respect" - tweetalig dans le texte… - fait place à "Engagement1640" qu’on peut lire aussi à la fois dans la langue de Voltaire et celle de Vondel. Pour la liste flamande, c’est une manière de s’engager pour tous les habitants de la commune "sans distinction de langue, de race, de couleur ou de culture". Derrière la souvent vindicative édile, on trouvera les nouveaux-venus Jan Rombaut et Patrick De Cauwer.

Feu le front francophone linkebeekois

Si à Rhode, on va vers un duel de titans communautaire, à Linkebeek, les francophones iront de nouveau en rangs dispersés à la conquête des suffrages. Comme on s’y attendait, la querelle fratricide entre Défi et MR s’y termine par un divorce électoral en bonne et due forme. L’assemblée générale de la locale de Défi a confirmé qu’elle irait au combat aux côtés de l’échevin indépendant Yves Ghequière, de la bourgmestre Valérie Geeurickx, de l’échevin PS Pasquale Nardone et du président du CPAS Philippe Thiéry. Selon le chef de file Défi, Gilles Hallez, l’union des francophones n’était plus possible avec Damien Thiéry comme tête de liste. Il y a en effet eu une rupture totale de confiance entre celui-ci et 13 des 20 mandataires communaux dont l’ensemble des élus du CPAS. Deuxièmement, le combat personnel de Damien Thiéry pour sa nomination en tant que bourgmestre semble avoir occulté les autres revendications francophones. Défi déplore aussi le refus de Damien Thiéry de soutenir la ratification de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales ou encore de proposer Unia comme organe compétent en matière de discriminations linguistiques. Enfin le parti regrette que Damien Thiéry ait privilégié son appartenance à la majorité fédérale par rapport à certaines demandes qui la contestaient.

On notera que Défi a précisé que cette situation est propre à Linkebeek. En d’autres termes : il y aura toujours un vrai front francophone ailleurs dans le "Rand". Wait and see