Brabant

Ce jeudi 24 novembre, des tentes igloo seront installées sur la Grand-Place de Louvain-la-Neuve. «Parce qu'on pourrait bien koter un jour dans des tentes», assène Mathias El Berhoumi.

Avec une dizaine d'amis, il présentera le Syello, le premier syndicat des étudiants locataires de Louvain-la-Neuve, qu'il vient de fonder. «Les agences immobilières peuvent imposer ce qu'elles veulent aux étudiants, affirme cet étudiant en droit. En partie parce qu'il n'y a pas de véritable force d'opposition. Nous voulons rassembler les demandes isolées des étudiants, pour pouvoir les porter.»

Pour Mathias et ses amis, d'anciens représentants étudiants, il est difficile de trouver le bon kot, si l'on est peu au courant du système en place. «La situation est catastrophique ! Par exemple, pour avoir la capacité de choisir parmi les nouveaux kots à louer pour l'année suivante, il faut faire la file pendant la nuit, affirme Mathias El Berhoumi. L'agence immobilière Eckelmans, principale interlocutrice des étudiants, avec 1300 logements gérés, envisage déjà, comme le propose le Syello, de recourir à l'Internet afin de limiter l'engorgement lors de la mise en location et de la remise des clés.»

«Et pour lutter contre les files de nuit, qui nous préoccupent, nous avons trouvé un système de ticket ordonnant les visites et les locations», explique Thibault Van Dieren, directeur d'agence chez Eckelmans.

Pénurie de logements

En plus de revendiquer le versement des garanties locatives sur un compte bloqué et un meilleur suivi technique de la part des agences, le syndicat des étudiants s'inquiète aussi de «la hausse des prix et de la pénurie de logements». Pour Thibault Van Dieren, de chez Eckelmans, le marché devient en effet « déséquilibré», et les logements commencent à manquer. Dans ce cadre, les loyers augmentent donc de 3 à 5pc par an, mais de façon « maîtrisée ». Le montant des charges, lui, s'élève fortement.

De son côté, la commission du logement de l'Assemblée générale des étudiants (AGL), récemment mise sur pied, note elle aussi «un chômage locatif quasi inexistant». «Dans ce cadre, les agences immobilières peuvent se permettre d'imposer leurs vues», affirme la présidente de la commission, Amélie Servotte. «Nous, nous ne sommes que des mandataires, un relais des divers propriétaires, répond Thibault Van Dieren. Mais il est vrai que ce marché saturé leur permet d'imposer leurs souhaits.»

Le bail de 12 mois, contre lequel s'élève également le Syello, fait partie de ces exigences. Encore rare il y a quelques années, il remplace maintenant le bail de 10 mois dans l'ensemble du marché, hormis dans les kots gérés par l'UCL, destinés, eux, à certaines catégories d'étudiants, nouveaux venus, boursiers ou étrangers. Mais le syndicat craint pourtant de voir l'UCL se désengager du domaine social et du secteur du logement. « A LLN, nous avons un rôle important de contrepoids du marché et de régulateur de prix, affirme Jean-Michel Leunens, co-directeur du service logement de l'UCL. Nous n'abandonnons pas le social, même si nous reconnaissons des difficultés financières. Nous sommes attentifs à ce qu'on ne détricote pas le budget du logement et que le patrimoine immobilier soit conservé en bon état. Le budget de l'Université n'est pas encore voté mais nous sommes confiants. » Enfin, pour présenter les expériences des koteurs rassemblées par un sondage actuellement en cours, le Syello souhaite également la mise en place d'une table ronde, en présence des différents acteurs du logement de Louvain-la-Neuve.

© La Libre Belgique 2005