Brabant

L'an dernier, ce sont environ 800 000 personnes qui ont affronté les remous de la Radja River, à Walibi. Depuis 1988, 15 millions de visiteurs se sont fait arroser dans l'un des bateaux-bouées lors de la descente de cette rivière artificielle. Cette semaine, le parc d'attractions wavrien fêtait à la fois le 15 millionième passager de la "Radja" et les 20 ans de sa création. Cette attraction familiale est toujours la plus populaire de Walibi. Et la plus importante de celles de ce type en Europe, en terme de longueur, de débit de l'eau, et de personnes par bateau (12).

C'est Yves Meeus, le fils du fondateur de Walibi, qui utilisa ses compétences d'ingénieur civil pour concevoir la rivière, qui devait recréer les sensations du rafting. "Nous voulions créer une aventure à la Indiana Jones, c'était le héros de l'époque ! Ce type d'attraction existait déjà à Efteling, mais de façon plus petite. Nous avons alors été aux Etats-Unis visiter une série d'attractions." En tant que chef de projet, il a ensuite livré ses desiderata à des ingénieurs suisses. "Il fallait créer différents tempos dans le circuit. Le canal était construit sur le sol, et il n'y a pas de relief du terrain. Donc, il y a des obstacles dans l'eau pour faire les remous... On a travaillé la pente, le dévers... La différence avec les autres attractions, c'est que nous ne sommes pas sur des rails ! Le circuit n'est pas imposé et dépend du flux. C'est plein de surprises." Le parcours fait 600 m de long et charrie un volume d'eau de 2 500 m3. Le débit, lui est de 33 millions de litres par heure, "plus que la Lesse, pour un débit d'été normal", note Dominique Fallon, directeur de la promotion et "mémoire" du parc. Le point le plus bas du circuit de la Radja, qui occupe une superficie de 2,5 ha, se trouve au niveau de l'étang du parc.

Eau naturelle

Deux tuyaux, passant sous la route, drainent donc l'eau de l'étang vers la rivière. Pour amener l'eau vers le point le plus haut de la Radja River, - la dénivellation est de 3,5 m - trois pompes d'une puissance 75 kW chacune fonctionnent toute la journée. Afin d'économiser l'énergie, celles-ci sont stoppées à la fermeture du parc. La Radja River est donc vidée chaque soir, et laisse alors à découvert le lit du canal, couvert par endroits de mousse. "C'est normal, indique Dominique Fallon, les pieds dans les quelques centimètres d'eau restant au fond du lit de la rivière, c'est comme un fond de rivière. C 'est une eau naturelle, qui vient d'une source dans le Bois du Manil, et qui traverse les étangs." Résultat : on trouve ainsi des poissons ou parfois des tortues ça et là sur le circuit. Le sol du canal est en béton, tout comme les murs, bâtis avec un coffrage coulissant. "C'est ce qui est utilisé pour les bermes centrales, sur les routes. Ce n'était pas encore courant à l'époque. De cette façon, on pouvait avancer de 20 à 30 mètres par jour" se souvient Yves Meeus. L'attraction complète a été construite en 6 mois environ, pour 250 millions de FB de l'époque. Le budget initial avait dû être revu à la hausse. "On se trouve ici dans la vallée de la Dyle et le sol était très mauvais. On a dû remplacer la terre et la boue par du sable stabilisé. Il y a eu un supplément de 11 millions de FB pour ce sable..."

Sur le lit de la rivière, le sol bétonné est loin d'être nu. Des groupes de deux ou trois tuyaux ont pour objectif de freiner l'eau à certains endroits et de créer des remous. Plus loin, les "drums", engins tournants munis de moteur, servent à remettre les bateaux dans l'axe de la rivière. Le lit compte aussi deux bouches d'aération, où l'eau est soufflée, afin de créer des vagues. Le trajet est aussi bordé de 11 000 m2 de rochers de béton et compte aussi une gorge, où dévale une cascade. "C'était dans l'esprit "Radja ", note Yves Meeus. Les gens ont l'impression d'aller droit dessus ! L es rochers permettent aussi de cacher le reste du parc et les maisons." Quel que soit l'endroit, le niveau de l'eau évoluera entre 60 et 90 cm. Et en 20 ans, personne n'est jamais tombé à l'eau, assure Dominique Fallon, qui indique les seize caméras placées sur le bord du parcours. "Il n'y a pas d'angle mort. Les images apparaissent sur 16 écrans chez l'opérateur. Via un haut-parleur, il peut demander aux personnes de se rasseoir si elles sont debout." Et il existe aussi 5 postes d'évacuation le long de la rivière.