Brabant Des tapis, pneus, vélos et coffres-forts ont été extirpés de la Dyle depuis dimanche.

Les Wavriens qui sont passés le long de la Dyle, avenue des Princes, ont été intrigués par l’étrange ballet qui se déroulait dans le lit de la rivière. Une dizaine d’amoureux de l’environnement ont revêtu des cuissardes pour aller repêcher les déchets qui stagnaient au fond de la rivière. Et le butin est impressionnant : pneus, vélos, coffre-fort, tapis, pare-chocs de voitures et même un os d’une cinquantaine de centimètres ! "Beaucoup de gens pensent que ce sont des objets charriés lors d’inondations, commente Ann-Laure Furnelle. Ils n’ont pas tort. Oui, beaucoup ont été charriés par les eaux. Mais après avoir été jetés volontairement dans la Dyle. Ce sont autant de déchets qui nuisent à l’écoulement des eaux et peuvent provoquer des inondations."

Il y a quelques années, la Grézienne avait été sensibilisée par un reportage sur les méfaits du plastique et de l’aluminium sur l’environnement. Elle avait ensuite décidé de mettre les pieds dans l’eau pour nettoyer les rivières et cours d’eau. "Je voulais améliorer l’état des mers et des océans puisque, finalement, tout s’y retrouve. Mais je me suis fait une raison : je ne les sauverai pas toute seule. Alors autant déjà soigner nos rivières. Oui, la qualité de l’eau s’améliore. Elle est plus transparente et les poissons reviennent car les eaux usées n’y sont plus rejetées. Mais cela ne veut pas dire que les cours d’eau ne sont plus pollués. Les déchets lourds y stagnent. Quand j’ai commencé à nettoyer les rivières, personne ne savait ce qu’il s’y trouvait. Désormais, on commence à ouvrir les yeux."

Je-m’en-foutisme

Ann-Laure Furnelle passe donc ses journées à retirer bouteilles, batteries et sacs plastiques des ruisseaux. "Mais ce que l’on retrouve le plus, ce sont les lingettes hygiéniques : un fléau ! Par méconnaissance ou je-m’en-foutisme, beaucoup de femmes les jettent dans leurs toilettes. Elles finissent par boucher les égouts et sont repoussées dans les rivières lors des gros orages."

Depuis peu, le Contrat de rivière Dyle Gette (CRDG) a débloqué un budget pour rémunérer Ann-Laure lors des chantiers. Mais cela ne suffira pas pour que les rivières soient plus propres. Selon Jean-Marie Tricot, directeur du CRDG, il faudrait 93 ans à Ann-Laure Furnelle pour nettoyer les 1 000 km dont le CRDG a la gestion.

La Grézienne espère avoir l’aide de bénévoles lors de ses chantiers. De même, certaines entreprises seront démarchées par l’ASBL Aer Aqua Terra pour effectuer des team-building sous forme de nettoyages des rivières. Hier, l’échevin de l’Environnement, Luc Gillard, s’est dit "impressionné par la quantité de déchets récupérés". Le chantier de nettoyage de la Dyle pourrait déboucher sur une campagne de sensibilisation sur le respect des cours d’eau.