Brabant Le MR doute du travail effectif de l’administrateur-délégué des ASBL culturelles de la commune.

Coup de théâtre la semaine dernière à Woluwe-Saint-Pierre. Les autorités communales ont annoncé la désignation d’un nouveau président de CPAS. Philippe van Cranem remplace la CDH Anne-Marie Claeys qui n’en demandait sans doute pas tant. "C’est la politique", glisse, désabusée, la CDH interrogée par "La Libre". Libéral dissident issu d’une liste "Gestion municipale" en 2012, M. van Cranem vient d’attirer à lui deux conseillères issues du groupe MR, dans l’opposition, et s’annonce candidat sur la liste du bourgmestre que doit emmener le CDH Benoît Cerexhe pour les prochaines élections communales.

Il n’en fallait pas plus, en plein scandale Publifin, pour que les libéraux historiques de Woluwe remettent sur la place publique leurs interrogations, voire leurs accusations, au sujet de M. van Cranem. En décembre 2015, le MR déplorait déjà les "concessions" de la majorité pour le groupe Gestion municipale. M. van Cranem "a obtenu qu’on lui crée des fonctions rémunérées via diverses ASBL communales et au CPAS alors que ces mandats étaient par le passé prestés à titre gratuit", pouvait-on lire dans une gazette libérale de l’époque. Depuis plusieurs années, le conseilller communal MR Aurélien De Bauw, en tant qu’administrateur de l’ASBL Art et Culture, tente (en vain, assure-t-il) d’obtenir un descriptif de fonction pour l’administrateur-délégué qui n’est autre que Philippe van Cranem ainsi que ses rémunérations. Celles-ci sont de 1250 euros bruts par mois auxquels s’ajoutent 1500 euros au centre culturel et 1200 euros de défraiements annuels à la médiathèque communale qu’il administre bénévolement. A cela s’ajoute une rémunération pour des remplacements au Conseil du CPAS, selon Aurélien De Bauw qui indique avoir obtenu ces montants en scrutant les budgets. Dernier élément de contexte, Philippe van Cranem était échevin de la Culture sous la précédente législature et était, à ce titre déjà président des ASBL précitées. Mais à titre gratuit.

Omerta ou pas omerta ?

"Cela fait des années que je me bats contre l’omerta autour de ces postes et rémunérations, témoigne Aurélien De Bauw (MR), conseiller communal. La majorité communale est faite de bric et de broc et a en réalité créé ces postes pour compenser la rémunération d’échevin dont jouissait M. van Cranem par le passé. Je demande une description de fonctions depuis des années mais jusqu’ici, on s’est contenté de me dire oralement qu’il actait les comptes…"

Depuis un peu plus d’un mois, les ASBL Art et Culture et celle de la médiathèque locale ont été fusionnées et Caroline Persoons (Défi), échevine de la Culture et présidente de fait des ASBL culturelles de la commune, réfute les allégations du groupe MR. "Tout cela s’est fait dans la plus grande transparence", confie-t-elle. Elle rappelle d’abord qu’avant le 20 décembre 2013, l’ASBL Art et Culture avait un président qui percevait des défraiements jusque 2 500 euros par an en plus d’un montant fixe par mois de 170 euros. "Un système peu transparent" pour le bourgmestre Benoît Cerexhe et en contradiction avec les statuts de l’ASBL, "ce qu’avait relevé le réviseur d’entreprise", ajoute Mme Persoons. "Raison pour laquelle les statuts ont été changés en décembre 2012." L’échevine précise avoir accédé aux présidences culturelles au printemps 2013 et avoir communiqué aux conseils d’administration dès le mois de septembre de cette même année les rémunérations et le rôle qu’endosserait l’administrateur-délégué van Cranem.

"Ce poste comprend la gestion quotidienne des ASBL surtout en matière financière, et la rédaction du rapport annuel", explique Philippe van Cranem. Ce dernier ne voit dans les assertions de M. De Bauw qu’une "interprétation politique malveillante". "Je rappelle que c’est sous la majorité précédente, donc sous le MR, qu’il a été décidé de rémunérer le poste d’administrateur-délégué de l’ASBL sportive communale", ajoute M. van Cranem qui précise avoir renoncé "depuis un certain temps" au défraiement à la médiathèque.

L’échevine Caroline Persoons tient également a rappeler qu’une importante réforme du tissu associatif culturel sanpétrusien a été menée depuis le début de la législature. Et que ce "beau travail" a permis la fusion de la médiathèque, qui rencontrait d’importantes difficultés financières avec Art culturel, donnant naissance à un nouvel outil culturel local.