Bruxelles

Une vingtaine de Schaerbeekois ont remis jeudi en fin de journée une pétition d'environ 4.600 signatures à Marc Weber, chef de cabinet du bourgmestre Bernard Clerfayt, pour réclamer le retrait total du grillage de séparation entre le cimetière communal et le cimetière multiconfessionnel. Les riverains ont été écoutés pendant environ une heure. "J'ai entendu ces personnes exprimer leur blessure", a rapporté Marc Weber. "Ils se sont dit profondément blessés. Des mères et des sœurs pleuraient en disant que c'était dramatique car ce sont leurs parents qui sont enterrés là et qu'ils sont aujourd'hui dans une prison. Toute cette tristesse, je l'entends évidemment". 

Il a également assuré avoir entendu la ségrégation ressentie par la mise en place de cette séparation, mais remarque qu'un cimetière multiconfessionnel est déjà en soit clivant. Il transmettra leurs revendications au bourgmestre et le collège pourra décider de revoir la décision de supprimer seulement une partie du grillage.

"Il ne faut pas faire de procès d'intention à Bernard Clerfayt", estime Marc Weber. "Il faut rappeler que c'est Schaerbeek qui a créé le cimetière multiconfessionnel et qui a donné le terrain au cimetière". Pour rappel, le cimetière confessionnel réclamait plus d'autonomie, afin entre autres de pouvoir jouir d'une gestion plus indépendante ou encore d'horaires plus souples. En réponse, la commune a posé cette séparation, qui a soulevé de fortes polémiques. Le bourgmestre s'est de plus rendu compte que son installation rendait l'accès au cimetière trop difficile. Début février, il a annoncé que la séparation serait en partie retirée pour faciliter les allées et venues.

Si le bourgmestre est revenu sur sa décision admettant de fait une erreur d'appréciation, une Schaerbeekoise de la délégation a déploré l'absence de consultation populaire dans le processus décisionnel et la mauvaise anticipation des conséquences sur les riverains. Elle réclame le retrait total de la séparation: "Beaucoup de personnes de la communauté musulmane se sentent encore discriminées. (...) Au départ, il n'y avait pas cette grille. Il faut donc tout simplement l'enlever."