Bruxelles

C'est un Carles Puigdemont manifestement satisfait qui s'est exprimé jeudi après-midi à l'issue de la manifestation qui a mobilisé 45.000 Catalans dans les rues de Bruxelles. Le président destitué de la Catalogne a remercié ses compatriotes ainsi que la police bruxelloise qui a encadré l'événement. Avec 45.000 participants, la manifestation qui s'est déroulée ce jeudi à Bruxelles est "l'une des plus grandes démonstrations depuis des années" dans la capitale belge, s'est félicitée l'Assemblée nationale catalane (ANC).

Carles Puigdemont, large écharpe jaune autour du cou, était manifestement satisfait de l'affluence. Il a remercié la foule en catalan et a également dit "merci" aux services d'ordre bruxellois.

"L'Europe ne doit pas avoir peur de défendre les valeurs démocratiques fondamentales", a-t-il déclaré, combatif. "La Catalogne veut poursuivre sous la forme d'un pays démocratique. Nous continuerons à y oeuvrer pacifiquement ici au coeur de l'Europe."

M. Puigdemont a terminé son discours par un message à l'adresse du Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qualifié d'ennemi. "Une démonstration de cette ampleur pour défendre des criminels?", a-t-il interpellé, alors que plusieurs ex-leaders catalans sont en prison. "Non. Ces gens ne viennent pas en masse dans les rues pour défendre des criminels. Ce sont des démocrates."

"La Catalogne est une société ouverte et plurielle, qui a intégré pendant son histoire des gens venus de partout", a souligné pour sa part le vice-président de l'Assemblée nationale catalane (ANC), Agusti Alcoberro. "La Catalogne a une économie hautement productive et bien positionnée dans l'Europe et le monde. Elle a aussi sa propre langue et sa propre culture." L'homme est ensuite revenu sur la velléités d'auto-détermination qui ont mené au référendum et a dénoncé les brutalités policières en marge du scrutin.

Le vice-président de l'association Òmnium Cultural Marcel Mauri lui a alors succédé sur le podium. "Nous défendons la démocratie en Catalogne, mais aussi la démocratie en Espagne et en Europe. Nous défendons les valeurs démocratiques de l'Union européenne. C'est pour cela que nous sommes venus à Bruxelles aujourd'hui, pour défendre nos droits civils les plus fondamentaux. Nous sommes venus dire qu'on ne peut pas emprisonner quelqu'un pour ses idées. On ne peut pas incarcérer tout un peuple. Nous sommes un pays ouvert et dynamique."

La manifestation était en cours de dislocation peu après 15h30. Le cortège avait démarré de l'esplanade du Cinquantenaire à 11h30 et s'était poursuivie avenue de la Renaissance, avenue de Cortenbergh, rue Stevin et chaussée d'Etterbeek.


Une délégation de la N-VA est présente: "Aujourd'hui, nous sommes tous catalans"

La N-VA est présente ce jeudi matin parmi la foule de Catalans venus manifester à Bruxelles. Une dizaine de ses membres sont visibles dans le cortège, dont Jan Peumans, le président du parlement flamand. Le parti nationaliste flamand soutient l'appel des organisateurs de l'événement, qui implorent l'Europe de soutenir le droit à l'autodétermination du peuple catalan. "Aujourd'hui nous sommes tous Catalans. Nous nous associons à leur protestation pacifique contre le silence de l'Europe et la répression espagnole", affirment dans un communiqué le député européen Mark Demesmaeker, le député fédéral Peter Luyckx et le député flamand Jan Van Esbroeck.

"La manière dont les institutions européennes et Madrid gèrent la crise va contre toutes les valeurs démocratiques que nous devrions partager dans l'Union européenne. Nous espérons que ce message atteindra aujourd'hui le Berlaymont, où siège la Commission européenne. L'Europe doit rendre possible un dialogue entre la Catalogne et l'Espagne."

Il est inacceptable que des prisonniers politiques soient encore enfermés en 2017, ajoute Peter Luyckx. "Où est l'indignation?", se demande-t-il.

"Pour nous, c'est beau de voir ici qu'autant de Catalans sont unis pour revendiquer leur indépendance", s'émeut de son côté la députée flamande Kathleen Krekels, qui fait aussi partie de la délégation N-VA. "Nous ne rassemblons pas encore autant de gens, mais nous essayons aussi, via le travail législatif au Parlement", souligne-t-elle au milieu des milliers de drapeaux catalans et de quelques drapeaux flamands.

© BELGA










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