Bruxelles Le Thaï Wok du boulevard Anspach n’aura pas de seconde chance.

Le 24 avril dernier, des inspecteurs du service d’hygiène bruxellois Brulabo ont débarqué au fast-food asiatique Thaï Wok du 68 boulevard Anspach, en plein piétonnier. Ils y ont constaté la présence de près 485 kilos de denrées alimentaires impropres à la consommation. Au menu : 12 kilos d’ail congelé, 450 litres sauce, des nouilles, du poisson, du brocoli, etc. ont été jetés sur ordre de Brulabo.

Le gros problème du Thaï Wok Anspach se situe au niveau de ses réfrigérateurs. La température des produits était bien trop élevée par rapport aux normes. "Leurs frigos ne fonctionnent pas, ou mal. Ils ont ce problème depuis leur ouverture mais ne l’ont jamais réglé malgré les remarques de Brulabo", confie-t-on à la Ville. Les inspecteurs ont aussi constaté une "hygiène globale relativement déplorable" : dont l’absence de distributeur de savon liquide pour les cuisiniers, un robinet cassé, des denrées non datées, etc.

Toujours ouvert, le Thaï Anspach n’aura pas de seconde chance. "Nous avions marqué notre désaccord par rapport à l’installation de cette antenne sur le boulevard Anspach. Ils sont allés en recours à la Région. Et le gouvernement a accepté leur demande sans même analyser la situation", regrette l’échevin de l’Urbanisme et président de Brulabo Geoffroy Coomans de Brachène (MR). La Ville, via Brulabo, avait déjà analysé la situation et envoyé ses remarques. "La Région n’en a pas tenu compte alors qu’on savait qu’il y avait un problème là-bas."

Le libéral est d’autant plus courroucé qu’il a pour mission via son bras urbanistique de gérer le renouvellement de l’offre commerciale sur le piétonnier. À la Ville, on assume de "privilégier des commerces plus qualitatifs". Dans le Pentagone, Brulabo avait déjà pointé du doigt dix snacks kebabs et un Quick pour leur médiocre qualité.

Un autre Thaï Wok bruxellois a fait parler de lui. Installé au 118 l’avenue de Stalingrad, près de la gare du Midi, ce fast-food présentait les mêmes caractéristiques que son cousin du boulevard Anspach. Une centaine de kilos de nourriture y ont été jetés en 2015 suite à la visite de deux vétérinaires de Brulabo après des plaintes de consommateurs. Elle s’était rendu compte, entre autres problèmes, qu’il n’y avait qu’une seule cuisine pour trois snacks voisins : le Thaï Wok, le Chicken Cottage et le Paparazzi.

Lors du contrôle , les vétérinaires ont été menacés. "On leur a méchamment expliqué qu’elles n’avaient pas intérêt à parler de la situation." Avertie, la police est descendue sur place dans le cadre d’une opération spécifique à l’avenue de Stalingrad et a fait fermer les trois établissements, déclarés en faillite depuis la mi-avril.

Pour mémoire, le Thaï Wok Stalingrad et ses deux voisins précités a défrayé la chronique au mois de novembre 2017 lorsque le journal Le Monde dévoilait que ce snack servait de base arrière aux organisateurs des attentats du 13 novembre à Paris, les frères El Bakraoui. L’un des frères El Bakraoui y a même travaillé tandis que le patron de l’époque était connu pour ses fréquentations avec le grand banditisme bruxellois.

Jusqu’à son interpellation en mars 2016, le petit frère du cerveau présumé des attentats, Yassine Atar, y travaillait aussi. Or, d’après le journal Le Monde, "c’est du Thaï Wok ou d’un snack attenant appartenant au même propriétaire, qu’ont sans doute été en partie pilotés les attentats la journée du 13 novembre".