Bruxelles

Le MR de Boris Dilliès arrive en tête des votes à Uccle. Mais il a perdu des plumes. Beaucoup de plumes. Au point, peut-être, de se faire prendre la place de bourgmestre par le grand gagnant Ecolo ? Non, mais ce fut juste. Une journée entre déceptions et soulagements...

La journée commençait pourtant bien pour Boris Dilliès, tête de liste MR, lorsqu’il part voter à l’école communale du Longchamps vers 10h du matin. De bonne humeur et à l’aise, il sourit en saluant les Ucclois au bureau de votes. Son opposant, et osons le dire ennemi principal, Marc Cools « doit l’avoir mauvaise parce qu’il y a eu pas mal de problèmes avec l’ouverture de quelques bureaux de votes à Uccle et, parmi eux, celui du Homborch, où il pouvait espérer pas mal de voix ».

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

Le MR est conscient du danger que représente le départ de Marc Cools et le lancement de sa liste d’ouverture Uccle en Avant. « Même s’il n’arrivera jamais à devenir bourgmestre, il peut nous empêcher de l’être. C’est son but et ça représente un gros risque pour nous », commente Dilliès. « Nous étions face à face pour le rôle de bourgmestre lors de la démission d’Armand de Decker et il n’a pas supporté la défaite, tout simplement », explique Boris Dilliès. « Sa nouvelle liste est étrange car elle ne présente que des inconnus. Personne du MR ne l’a suivi » dit-il avant de rejoindre ses proches collègues pour un lunch de tradition au Rallye des Autos.

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

Le candidat bourgmestre garde le sourire, refuse de se la jouer gagnant d’avance, préfère le mot “prudence” au terme “confiance”. Il a raison. En sortant du plateau de la RTBF, les résultats commencent à sortir. « C’est un véritable raz-de-marée Ecolo » déclare Dilliès, qui n’en revient pas, avant de féliciter un collègue vert au téléphone. Son téléphone scotché à la main, le stress monte doucement. Bien que le MR reste gagnant à Uccle avec 33% des voix, Boris Dilliès s’attendait à un écart moins important avec Ecolo, qui les suit de près avec 29,4%. Quant à Marc Cools, son parti “Uccle en avant” a récolté près de 10% des votes. « Je pensais qu’il aurait moins ». Le sourire du bourgmestre a disparu.

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

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La soirée s’annonce longue. Boris Dilliès s’enferme en pleine négociations durant de longues heures. Dans le QG du MR d’Uccle, on trinque mais derrière les sourires se cachent une large déception. Sophie François, 6ème de liste, estime que le MR a loupé toute une nouvelle génération. « Il y a toute cette vague verte, qui réclame une nouvelle manière de vivre et ce, pas uniquement au niveau environnemental. Pour le moment, c’est Ecolo qui incarne cette nouvelle génération. » Bien qu’elle ait fait un beau score personnel, Sophie François est déçue mais semble peu étonnée : « Je pense que le MR est dans le déni par rapport au changement. Il y a un véritable bouleversement social pour le moment, et je le dis depuis plusieurs mois, mais le MR ne l’accepte pas ». Vanessa Issi, qui se présentait pour la première fois, abonde dans le même sens : « On ne réponds pas à la demande des électeurs en matière d’environnement. Nous l’avons mis dans notre programme mais visiblement nous n’avons pas assez insisté dessus. »

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

23 heures. Enfin. C’est un bourgmestre aux airs fatigués qui arrive au QG. Il est encore bourgmestre et c’est la réponse que chacun attendait. Sous un tonnerre d’applaudissements, Boris Dilliès esquisse de petits sourires en murmurant « C’est bon ». Mais ce fut tout juste.

© Juliette Bruynseels, étudiante de l'Ihecs

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