Bruxelles

A Uccle, l'impact de la fracture intra-libérale née de la succession d'Armand De Decker, poussé à la démission dans la contexte du Kazakhgate, occupera une place centrale dans l'issue du scrutin d'octobre. Pour succéder à l'ex-président du Sénat, le bourgmestre en titre Boris Dilliès l'avait emporté, en juin 2017, devant l'échevin Marc Cools. Il avait gagné du même coup, haut la main, la lutte interne pour la tête de liste en vue des communales, la voie devenant d'autant plus libre pour lui que le Vice-premier ministre MR Didier Reynders a décidé de faire l'impasse sur les communales pour mieux se préparer au scrutin fédéral de 2019.

Meurtri par ce cours des choses, Marc Cools a décidé de se lancer dans le bain pré-électoral, à la tête d'une liste dissidente baptisée "Uccle en avant! ", autoproclamée "liste citoyenne de renouveau politique".

"Uccle en avant! " et l'échevin exclu du MR ambitionnent de décrocher cinq sièges, un chiffre qui porterait une atteinte suffisante à la suprématie du MR, crédité de 21 sièges sur 41 en 2012, pour redistribuer les cartes.

Après le scrutin d'octobre 2000, le clan libéral ucclois s'était déchiré entre partisans de feu le secrétaire d'Etat Eric André et de Stéphane de Lobkowicz tous deux prétendants au poste de bourgmestre.

Pour sortir de ce conflit, les libéraux avaient finalement cédé le maïorat au FDF Claude Desmet.

Le successeur du FDF, DéFI, emmené par le chef du groupe de la formation amarante au parlement régional, Emmanuel De Bock, et la députée-échevine Joëlle Maison, se retrouve en embuscade en vue de l'élection d'octobre.

Comme le cdH, il est actuellement partenaire de la majorité dominée par le MR. Il vise 25% des voix, soit près du double de son score de 2012 et n'hésitera pas longtemps à saisir l'opportunité de reprendre les commandes d'une majorité si l'occasion se présente. Il est également prêt à remonter au collège avec les libéraux, en fonction d'affinités de programme.

Egalement en embuscade, la liste Ecolo-Groen tirée par l'actuel chef du groupe Thibaud Wyngaard et la conseillère communale Maëlle De Brouwer est actuellement la deuxième force politique de la commune (7 sièges). Son ambition: obtenir 20% des voix (16,7% en 2012), et accéder, le cas échéant, à la majorité pour faire valoir son programme dans le quotidien de la commune.

Au cdH, la ministre bruxelloise Céline Fremault emmènera à Uccle une liste ouverte à des candidats indépendants et issus de l'associatif. Le centre démocrate Humaniste est prêt à remonter dans une majorité, mais quelle que soit l'issue du scrutin, Mme Fremault n'endossera aucune fonction exécutive locale, avant d'avoir achevé son mandat au gouvernement.