Bruxelles

Etre demandeur d’emploi et suivre gratuitement un cours particulier de néerlandais ou d’anglais auprès d’une prestigieuse école privée aux frais de la Région bruxelloise, c’est définitivement révolu depuis juin dernier. Les tête-à-tête avec un professeur ont désormais laissé la place à des ateliers destinés à des groupes de trois à six élèves. C’est une des conséquences les plus visibles de la réforme des chèques-langues récemment mise en place par Actiris.

Ce dispositif, financé par la Région bruxelloise pour améliorer les compétences linguistiques des demandeurs d’emploi, rate complètement son objectif, indiquait, fin décembre 2015, l’évaluation du système demandée par le ministre de l’Emploi et de la Formation, Didier Gosuin (Défi). Le public cible, à savoir les demandeurs d’emploi les moins qualifiés, ne bénéficiait que très peu du système, ressortait-il notamment. De ce fait, le ministre annonçait une réforme en profondeur, laquelle est désormais achevée.

Pour pouvoir bénéficier de cours proposés par des opérateurs privés, les demandeurs d’emploi intéressés devaient auparavant atteindre, lors d’un test, un niveau minimum, à savoir le B1. C’est désormais la situation inverse : le niveau B1 sera le degré de connaissance maximal accepté pour bénéficier de la mesure. En outre, les personnes demandeuses devront également ne posséder que leur CESS ou un diplôme équivalent obtenu dans un autre pays.

" Ces mesures permettront de s’assurer que ces cours particuliers bénéficient vraiment à un public fragilisé comme c’était l’objectif. Avant, une grande partie de ces chèques étaient utilisés par des personnes qui n’en avaient pas besoin", explique Marc Njeim, le porte-parole d’Actiris. Les cours collectifs de promotion sociale et ceux dispensés par des associations néerlandophones restent néanmoins accessibles aux personnes plus qualifiées.

Autre changement de taille : la suppression des bons à valoir. A peine 15 % de cette deuxième catégorie de chèques étaient finalement utilisés par les demandeurs d’emploi, lorsqu’ils trouvaient un employeur. "On ne savait jamais si ces chèques allaient vraiment être utilisés. Désormais, c’est le service Select Actiris qui s’occupe de distribuer ces chèques. Ceci afin d’être sûr qu’ils soient utilisés… et bien pour suivre une langue requise par le nouveau travail", conclut Actiris.