Bruxelles Restaurant à prix modulables, coopérative de paveurs, ressourcerie... Le président du CPAS présente les projets retenus pour le futur contrat de quartier.

Une ambiance chaleureuse, une déco faite de bric et de broc, une large variété de bières et des petits plats typiques à prix abordables… Voilà ce que propose la Brocante, cette institution des Marolles située sur un coin de la place du Jeu de Balle. C’est dans ce café resté populaire malgré une localisation enviable que le président du CPAS présente les projets retenus dans le cadre du contrat de quartier durable dont les Marolles vont bénéficier.

Un choix qui reflète la volonté d’Ahmed El Ktibi (PS) de trouver l’équilibre entre ceux qui estiment qu’il faudrait favoriser l’installation de ménages plus aisés dans ce quartier historiquement pauvre et ceux qui redoutent, à l’inverse, de ne plus se sentir à leur place dans cette zone où la pression venue du Sablon se fait de plus en plus ressentir.

"Il y a une hausse des loyers en raison des nouveaux habitants mais c’est aussi une tendance générale en Région bruxelloise. La partie de la rue Haute située entre le Sablon et le Jeu de Balle devient intéressante avec de beaux magasins bien achalandés. Mais du coup les prix sont parfois trop élevés pour les habitants du quartier qui se sentent exclus. Cela peut donner une vision très binaire des Marolles avec un côté plus huppé et l’autre plus pauvre. Ce que nous voulons c’est une société mixte dans laquelle chacun peut vivre dans la dignité. Nous n’allons pas gentrifier les Marolles !", assure-t-il.

Cela passera par le développement d’équipements et de commerces de proximité, la création de logements de 3 et 4 chambres à des prix accessibles ainsi que l’insertion socioprofessionnelle. Selon son président, le CPAS est un acteur incontournable du contrat de quartier en raison de sa localisation mais aussi au regard de son patrimoine immobilier plutôt conséquent dans le voisinage.

Par exemple, le CPAS possède le bâtiment Bordet qui sera disponible en 2019 une fois le déménagement de l’hôpital vers le site Erasme effectué. "Une étude sur les possibilités de réaffectation sera lancée dans le cadre du contrat de quartier. Mais d’autres espaces seront valorisés comme l’intérieur d’îlot qui sert de parking au CHU Saint-Pierre. Ce site pourra accueillir une ressourcerie ainsi qu’une plaine de jeux en toiture", indique l’édile.

Cette ressourcerie servira de lieu de récupération pour les meubles, les vêtements et autres métaux abandonnés sur la place du Jeu de Balle après le marché aux puces en vue de leur revalorisation. Baptisé Move, un service de livraison avec des vélos cargo permettra aux brocanteurs, antiquaires et artisans de circuler entre le marché, les magasins, la ressourcerie ainsi que le futur dépôt. "Avec les vélos, on réduit le trafic dans le quartier tandis que le dépôt permettra de libérer des espaces commerciaux qui servent actuellement de lieu de stockage", fait valoir le socialiste.

Alors que le nombre d’associations présentes dans le quartier s’élève à 120, la création d’une antenne servira de vitrine à cette dynamique sociale et fera aussi de l’accueil de 1re ligne pour toutes les demandes sociales.

Un taux de chômage des jeunes élevé

Le quartier des Marolles fait face à un taux de chômage des jeunes supérieur à celui de la Région bruxelloise : 45,82 % contre 38,09 %. Le contrat de quartier comprend donc plusieurs projets d’économie sociale. Citons ainsi le restaurant durable qui sera installé dans les locaux du Pianocktail. Le but sera d’attirer un public large allant des touristes aux riverains en proposant un tarif différencié. 

"C’est très représentatif de l’ensemble du projet pour les Marolles. Les personnes les plus modestes pourront manger dans ce resto et ceux qui ont les moyens d’aller ailleurs voudront y venir parce que ce sera qualitatif et bio", commente Ahmed El Ktibi (PS). 

Émise par les habitants du quartier, l’idée d’une coopérative de paveurs a également été retenue par le CPAS. Plutôt que de coller des rustines là où les pavés ont disparu, le quartier pourrait garder son aspect actuel grâce à des artisans paveurs marolliens qui seront formés dans le cadre du contrat de quartier. 

Enfin, un service de graphisme, d’impression et de webdesign sera mis sur pied au profit des associations, des commerçants et des habitants.