Bruxelles La fille d’Albéric Maistriau réagit au documentaire "Stan et Ulysse" à propos de son père.

Anne-Marie Descamps-Maistriau, fille d’Albéric Maistriau, tient à la vérité historique et pratique la piété filiale. Cela l’amène à réagir doublement au documentaire "Stan et Ulysse, l’esprit inventif’de Benjamin Hennot sur le fameux Groupe Hotton qui a été projeté à Flagey et dont "La Libre" s’est fait l’écho le 11 mai dernier.

"En tant que fille d’Albéric Maistriau, j’ai été profondément marquée ainsi que les membres de ma famille par le fait que le documentaire en question a oublié de mentionner que le Groupe Hotton avait été fondé par mon père. Un groupe de sabotage hors normes qui comprit jusqu’à 350 jeunes résistants qui avaient répondu à l’appel de Winston Churchill de troubler autant que faire se pouvait l’occupation nazie pour permettre à l’Europe de recouvrer la démocratie… Pas vraiment une opération improvisée puisque la liaison entre le War Cabinet de Churchill et le Groupe Hotton était assurée par trois membres du SOE, le Special Operation Executive dont deux furent arrêtés et fusillés en mai 1944". Anne-Marie Maistriaux a estimé devoir réagir au documentaire en question qui, de fait, a mis en exergue deux protagonistes du Groupe Hotton parce que ces derniers pouvaient encore en témoigner face caméra, pour la grande joie des spectacteurs puisque cela a débouché sur un double portrait interpellant et un film intéressant.

Ennemi public numéro un

"Il nous tient cependant fort à cœur de rappeler l’action de notre père, bien mise en exergue dans le livre de Franckson et de Burniat sur le Groupe Hotton", précise la fille de M. Maistriau. Si Anne-Marie Descamps a tant tenu à apporter cette précision, c’est aussi parce qu’à l’instar des siens elle a perçu tous les ennuis faits à son père. Ainsi, dans "La Belgique au temps de l’Occupation" de Georges Luchie, préfacé par Henri Bernard, on rapporte comment le Groupe Hotton fut trahi par un dénommé Guiot. Albéric Maistriau avait pu échapper au guet-apens mais sa tête fut mise à prix dans tous les commissariats de police et à la Gestapo pour deux millions de marks…