Bruxelles Le projet pilote verra le jour dans trois quartiers jugés difficiles : la cité du Peterbos, Étangs Noirs et le centre-ville.

À l’instar de notre capitale au cours des dernières semaines, la ville d’Amsterdam a, elle aussi, connu de graves émeutes en 1998. En réaction à cela, et face à la recrudescence de bandes de jeunes dans le centre-ville, la capitale néerlandaise a mis sur pied le projet buurtvaders, comprenez ici grand frère ou papa de quartier. Il s’agit d’habitants qui, munis de vestes jaunes fluorescentes, patrouillent dans leur quartier pour rappeler les jeunes à l’ordre en cas de comportements inciviques.

Ne pouvant pas verbaliser, ils tentent également de faire le lien entre la police et la jeunesse. Outre le volet sécurité, les pères de quartier servent aussi de référent pour les jeunes qui peuvent leur poser des questions en tout genre, notamment en matière d’études et d’emploi. Cette présence quotidienne aurait permis, selon les autorités néerlandaises, de faire passer le nombre de bandes de jeunes de 22 à 4.

Une initiative que souhaite développer la secrétaire d’État en charge du Bien-être à la Commission communautaire flamande (VGC) Bianca Debaets (CD&V) à Bruxelles. Un subside de 120.000 € a été débloqué à cet effet afin de permettre à l’ASBL D’Broej de lancer un projet pilote qui s’étalera sur deux ans.

Trois quartiers jugés difficiles sont ciblés : la cité du Peterbos à Anderlecht, Étangs Noirs et le centre-ville. Moins répressif que son homologue néerlandais, le projet bruxellois se nommera "Op stap met vaders" (en route avec les pères). "Nous voulons investir dans le renforcement des pères dans leur rôle de père, d’habitant de quartier et de citoyen pour travailler de manière indirecte sur le renforcement des enfants et des jeunes. Nous organiserons des activités spécifiques pour les pères et les encouragerons à mener des initiatives qui améliorent la cohésion sociale dans le quartier. Ils joueront un rôle de modèle", explique la coordinatrice de l’ASBL, Inge Loodsteen.

Un travail qui s’apparente donc davantage à de la prévention. "Ce seront des parents bénévoles, issus de plusieurs communautés, pour qui le futur du quartier importe. Nous voulons rétablir le respect. Il faut petit à petit faire changer les mentalités et les comportements. C’est important d’entrer en dialogue avec les jeunes et de leur dire qu’il y a des seuils à ne pas franchir", précise Bianca Debats. Niveau timing, le projet pilote devrait démarrer début 2018.