Bruxelles L e Musée de la Résistance de Belgique accueille une exposition basée sur la bande dessinée de Dugomier et Ers.

Vieux complices en bandes dessinées, le Liégeois Benoît Ers (dessin) et le Bruxellois Vincent Dugomier (scénario) ont déjà plusieurs séries à leur actif.

Travaillant assez classiquement - synopsis découpé par Vincent qui se charge aussi de la recherche historique, Benoît s’occupant de trouver les objets ou éléments vestimentaires d’époque - ils se sont lancés dans une aventure se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale, dans un coin de France : "Les enfants de la Résistance", dont le troisième tome est sorti récemment.

"Tels que nous les décrivons, de tels faits d’enfants se lançant dans la résistance à l’occupant et appelant les adultes à se révolter n’ont pas existé", précise Dugomier. "Mais des enfants, employés par les adultes pour mener des missions, ça, il y en a eu beaucoup et depuis la sortie du premier tome, nous avons reçu de nombreux témoignages."

"Pas de saut temporel après l’exode de 40"

Ce point de vue enfantin est original puisqu’il permet de mieux décrire ce que furent les débuts de la Résistance en France. "Dans les autres BD, on montre souvent les personnages subissant l’exode de 1940 puis, saut temporel, on les retrouve dans le maquis en 1943. Ici, nous avons voulu aussi traiter le no man’s land entre les deux périodes en question", souligne Benoît Ers… "Et qui est terriblement important quand on s’adresse aux enfants, complète Dugomier, car il ne s’agit pas juste de montrer des actions de résistance, il s’agit aussi de montrer pourquoi et contre quoi on résiste. Et cela, il faut l’expliquer en 40 et pas en 43."

"Ajouter une petite fille allemande dans la bande, c’est aussi bien utile pour l’intrigue afin de parcourir tous les aspects de la Résistance", sourit Benoît Ers.

Heureux, tout comme les éditions du Lombard, du retour rencontré dans les écoles, les deux compères ont décidé de mettre en place une exposition. "Les jeunes sont très intéressés par le sujet. Ils ne le connaissent pas forcément mais il y en a toujours un dont un grand-parent a été résistant… et enfant. Du coup, cela dynamise les discussions", avance Dugomier.

Plus de documents sur la période

"La génération qui vient est sans doute mieux servie que la nôtre avec foule de documents qui sont désormais déclassifiés, précise encore Benoît Ers. On profite des travaux d’historiens, on confronte notre point de vue avec le leur."

D’avoir choisi la Résistance française plutôt que la belge était plus simple (tout est relatif). "On voulait essayer de la raconter de la manière la plus universelle possible car les différentes zones françaises ou belges subissaient l’occupation de manière différente."

L’exposition est donc un prolongement des albums. Elle existe en quatre exemplaires et peut être fournie en prêt à des bibliothèques, des écoles ou des musées, comme c’est le cas à Anderlecht. Ou lors d’événements comme ce week-end à la Foire du Livre (stand 330 du Lombard). "On rajoutera des panneaux au fur et à mesure que notre récit avance. Et on veut aussi qu’il y ait des résonances avec le monde d’aujourd’hui."

Que l’exposition soit présentée au Musée de la Résistance n’est que la suite logique des aventures de François, Eusèbe et Lisa, 13 ans au début du conflit, et du prix Saint-Michel que les auteurs s’étaient vu attribuer, et remettre des mains de Jean-Jacques Bouchez, conservateur du musée.


Jean Bernard