Attentat contre une mosquée bruxelloise, un lien avec le différend sunnite-chiite?

Rédaction en ligne (avec Belga) Publié le - Mis à jour le

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Bruxelles

Il était environ 18h30 lundi soir lorsqu'un individu a été aperçu en train de bouter le feu à la mosquée chiite de la rue Meersman, la plus grande du pays. Le maïeur Vincent Van Goidsenhoven a confirmé qu'un cocktail molotov avait été utilisé pour perpétrer l'attentat. Les pompiers se sont immédiatement rendus sur place.

L'imam de la mosquée, un homme de 46 ans a malheureusement perdu la vie dans l'attentat, intoxiqué par la fumée, malgré les tentatives vaines des services de secours de la réanimer durant quarante minutes. Deux autre hommes ont été plus légèrement blessés. Une personne qui a pu s'échapper par le toit de l'établissement a été légèrement intoxiquée. Une troisième personne, qui se trouvait dans l'établissement, a été blessée au bras par un coup porté à l'aide d'un couteau ou d'une hache. Selon des témoins, le suspect interpellé a menacé l'assistance de ces deux armes.

Le bourgmestre d'Anderlecht a confirmé l'identité de la victime sur Tweeter: il s'agit de l'imam de la mosquée. Fadila Laanan a également réagi vivement sur ledit réseau social: "Scandalisée par cet attentat dans ma commune contre une Mosquée. Un homme est mort et c'est ignoble. Rien ne peut excuser un tel acte...." Joëlle Milquet s'est également rendue sur place. La ministre de l'Intérieur a fait savoir que, "très choquée par les faits qui se sont produits", elle condamnait ceux-ci "avec fermeté et indignation".

Un problème entre sunnites et chiites ?

De confession musulmane, l'auteur de l'attentat aurait proférer des paroles hostiles aux chiites. S'agit-il d'un activiste sunnite ? L'enquête devra l'établir. L'hypothèse d'un crime raciste est en tout cas écartée. "Il s'agirait bien d'un problème entre sunnites et chiites. Mais je reste prudente car la justice doit encore confirmer une série de choses", a-t-déclaré Joëlle Milquet.

Un suspect a été interpellé lundi dans le cadre de l'attentat contre la mosquée chiite Rida à Anderlecht. Il a déclaré être musulman et en séjour illégal sur le territoire belge, a indiqué mardi le parquet de Bruxelles. L'homme serait âgé d'une trentaine d'années et n'a pas précisé sa nationalité. Lors de son audition, il a décliné trois identités différentes qui vont être analysées. A ce stade, le parquet n'a pas souhaité communiquer les motifs qui ont pu pousser le suspect à commettre l'attentat. Il a toutefois fait état de témoignages allant dans le sens d'une attaque sunnite contre un lieu de culte chiite.

Dans les heures suivants l'incendie, des représentants musulmans chiites en Belgique ont mis en cause le mouvement salafiste sunnite, sur la base des témoignages de fidèles présents au moment des faits.

Selon un responsable religieux, la mosquée visée avait reçu dans le passé des lettres de menace de sunnites, liées notamment au conflit en Irak. Il a mis en cause "le discours haineux prêché dans certaines mosquées" salafistes de la ville.

La communauté sunnite est largement majoritaire à Bruxelles, tandis que les chiites ne représentent qu'une infime partie des musulmans dans la capitale belge.

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