Bruxelles Après avoir été agressés et cambriolés, des riverains d’Auderghem déplorent la présence de squatters dans leur jardin.

Alors qu’ils connaissent le quartier depuis des années, deux familles d’un même immeuble situé entre Pétillon et Hankar vivent un calvaire depuis plusieurs semaines. Ils racontent à La DH comment, en un mois, ils ont cessé de se sentir en sécurité dans leur propre maison.

Située au bord du chemin de fer, entre les deux stations de métro, du côté Auderghemois, cette maison typiquement bruxelloise est coupée en deux appartements. Les deux ménages qui y habitent pensaient vivre dans un quartier calme et sûr, "mais tout a changé le 20 juillet", raconte Daniel (nom d’emprunt), l’un des résidents. "On promenait notre chien comme chaque soir, et on a remarqué qu’un homme au comportement bizarre nous suivait. Il nous a interpellés et a finalement sorti un couteau de son sac et nous a poursuivis en courant." Complètement saoul, le malfrat tombe dans un fossé, et est directement intercepté par la police appelée par le jeune couple. "On a voulu porter plainte, mais la police nous a fait comprendre que cela ne changerait rien… Depuis cet incident, ils l’ont relâché, et on le recroise de temps en temps près de Saint-Julien", explique Daniel qui ne comprend pas la passivité de la police.

Et ce n’est pas l’unique endroit où le couple a pu recroiser la tête de leur agresseur. Quelques jours après l’incident, ce dernier, accompagné de ses copains, se trouvait… dans le jardin de leur immeuble. "Nos voisins venaient de partir en vacances. J’ai entendu du bruit et j’ai regardé par la fenêtre, et là je l’ai reconnu. Lui et ses copains étaient dans les transats des voisins. Quand ils m’ont vu ils se sont enfuis."

Si elle est déjà sordide, l’histoire se corse d’autant plus à partir du 25 juillet. "Je venais de rentrer du travail et j’ai remarqué que le portique du jardin était, une fois de plus, ouvert. On avait un accord avec les voisins du dessous et je devais passer par leur appartement pour aller le fermer. Quand j’ai ouvert le volet et la fenêtre de leur chambre pour sortir dans le jardin, six hommes cagoulés ont surgi d’un muret derrière lequel ils se cachaient. Un d’eux m’a pointé avec une arme et j’ai dû reculer pour les faire entrer dans la maison. Ils ont cherché partout du cash, des cartes et ont fouillé tout l’appartement. Quand j’ai refusé de donner les clés qui menaient au garage, ils m’ont tapé avec un câble dans la nuque", se souvient Daniel avec effroi. Le temps que la police arrive, ils étaient tous partis en courant… vers les rails.

Depuis, les voisins du dessous sont rentrés de vacances, et tous craignent des représailles. "Le seul soir où j’ai osé aller dans mon jardin, j’étais avec mon frère et on a clairement entendu des pas dans le sentier au-dessus des rails. Ils sont tout le temps là, on les entend. Je ne sais pas qui c’est, mais il y a du passage, alors que c’est illégal", explique Isabelle, qui habite au rez-de-chaussée avec son mari et ses enfants. Et Daniel de poursuivre : "Depuis le cambriolage, on est au taquet et on les a vus plus d’une fois traîner dans le sentier. On les éclaire avec une lampe de poche et ils s’enfuient. À chaque fois on appelle la police, mais ils arrivent toujours trop tard."

Les résidents décrivent un véritable combat avec les différents niveaux de pouvoir pour être entendus. "Cette histoire implique la police d’Auderghem, d’Etterbeek et puis la police fédérale du chemin de fer. Ils ne communiquent pas du tout entre eux, et ne nous croient pas…", déplore le jeune homme.

Contactée par nos soins, la police d’Auderghem a préféré rester sur la réserve. "Je ne peux pas faire de commentaire, mais je pense qu’ils exagèrent. On fait notre travail, et il y a des histoires comme cela qui arrivent tous les jours."

Un quartier de plus en plus mouvementé

L’histoire ci-dessus est assez particulière, mais semble refléter la légère tendance qu’il y a dans ce quartier situé entre Pétillon et Hankar. "La police nous a expliqué que du côté de Pétillon, il y a un squat de drogués qu’ils ne peuvent pas évacuer", explique Isabelle (nom d’emprunt). À quelques pâtés de maisons de l’immeuble en question, un terrain vague abandonné fait, lui aussi, l’objet d’activités suspectes et sordides. "Un médecin du quartier s’est fait arrêter dans le cadre d’une grosse enquête de trafic de drogue",affirme Daniel (nom d’emprunt), avant de signaler la présence d’un kot de la SNCB en contrebas de leur immeuble qui serait, lui aussi, squatté allègrement. Toutes ces informations auraient été transmises par la police à Isabelle et Daniel, mais n’ont pas été confirmées par la zone, contactée par nos soins.