Bruxelles

Premier hôtel particulier dessiné par le maître Horta, la Maison Autrique entrera, le 16 février, dans une phase de restauration de sa florissante enveloppe, comme dans une "actualisation de sa scénographie". D’où un voile partiel qu’ont justifié, jeudi soir, les dignitaires de la merveille bourgeoise, classée le 30 mars 1976…

Dix ans, déjà, dix ans seulement ! Du genre aussi discret que magnifique, l’écrin - dont les courbes s’amorcent en 1893 - n’est ouvert au public que depuis décembre 2004. Ce miracle, il le doit à un acquéreur public, Schaerbeek (via 15 millions BEF, en 1994) et à cette Maison imaginaire des Benoît Peeters et François Schuiten. Aujourd’hui, ce couple de légende s’attaque à sa réhabilitation.

Environ 700 visiteurs par mois

"Avec l’aide des Monuments et sites, Schaerbeek entamera, au printemps, la réfection de la façade avant et de tous les châssis et boiseries ainsi que la restauration de la façade arrière", a scruté pour nous Etienne Schréder, l’administrateur-délégué de l’ASBL gestionnaire.

Jusqu’au crépuscule de l’automne, l’accès à l’intérieur éclectique du XIXe (recomposé quasi à l’identique lors d’un chantier de 30 mois, dans les années 90) se restreindra - "Les activités telles stages scolaires ou soirées littéraires se poursuivront".

Environ 700 visiteurs par mois ("On aimerait quelques cars de japonais ! Mais le tourisme de masse ne nous touche pas") s’éprennent des volumes d’un Eugène Autrique peu porté sur "l’extravagance".

"Le seul élément Art Nouveau, c’est la mosaïque au sol du bel étage", guide Etienne Schréder. Ou ce mini-bout de rampe. Un vitrail même serait plus "japonisant" qu’autre chose.

N’empêche ! Entre fumoir, salon d’apparat, poutres métalliques, parquet en chevron ou cuisine d’époque, tout fleure divin le sens du détail d’Horta, évoque l’âme d’une unifamiliale peu inhabitée. Et pourtant…

"Nous voulons utiliser les outils d’aujourd’hui pour la réinventer, pour retrouver les effets de magie, d’émerveillement, d’intimité. Les câbles permettent de l’innover", suggère l’illustre François Schuiten, l’architecte bédéiste, à propos de la scénographie de ce toit, voisin du sien. "De microprojets ambitieux comme celui-là permettent de découvrir Bruxelles. Ce sont des îlots qui irriguent la ville d’un regard…"

En savoir plus : www.autrique.be