Bruxelles

Les statistiques se suivent et se ressemblent. Et à nouveau grâce à l’opiniâtre député de la N-VA, Ben Weyts. Il y a quelques semaines, il demandait -par écrit- au secrétaire d’Etat à la Mobilité Etienne Schouppe (CD&V) quelle était la proportion, à Bruxelles, de demandes d’immatriculation libellées en français et en néerlandais. La réponse n’avait sans doute pas dû lui plaire, puisque les statistiques avancées par l’ancien patron de la SNCB montraient que seuls 6,24 % des demandes d’immatriculations se faisaient dans la langue de Vondel à Bruxelles contre 93,76 % dans celle de Molière ("La Libre" du 17/6). De quoi mettre en péril l’affirmation de certains partis flamands selon laquelle entre 12 et 15 % des Bruxellois parlent le néerlandais à Bruxelles et plus encore la clé de répartition 80 FR/20 NL fixée dans la loi de financement pour le partage de certains budgets attribués à des matières communautaires.

Ces chiffres confirment par ailleurs une étude réalisée par deux démographes, André Lambert et Louis Lohlé-Tart -lesquels estiment que le nombre de Belges néerlandophones ne représentent plus que 5,3 % de la population bruxelloise contre 66,5 % de Belges francophones et 28,1 % de ressortissants étrangers.

Ben Weyts voulait sans doute en avoir le cœur net. Il a posé une question similaire à la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD&V) portant, cette fois, sur la proportion de factures envoyées en français et en néerlandais aux clients bruxellois de Belgacom. La loi du 21 mars 1991 relative à la réforme des entreprises publiques oblige, en effet, l’entreprise -même "consolidée"- à respecter la législation en matière d’emploi des langues.

On ne sait pas très bien si Ben Weyts a été bien inspiré. En tout cas, les indications fournies par Inge Vervotte confirment celles données précédemment par Etienne Schouppe. Selon ces chiffres, 91,1 % des factures adressées aux habitants de Bruxelles sont, en effet, rédigées en français, 7 % en néerlandais, 0,5 % en allemand et 1,5 % en anglais.

Ce sont les communes du nord-ouest et du centre de la région bruxelloise qui comptent proportionnellement le plus de clients Belgacom néerlandophones : Berchem-Sainte-Agathe (12,2 %), Bruxelles-Ville (12 %), Ganshoren (9,9 %), Jette (9,7 %), Saint-Josse (9,6 %), Koekelberg (9,5 %), Molenbeek (8,9 %) et Anderlecht (8,2 %). A l’inverse, la proportion de néerlandophones dans la clientèle de Belgacom paraît très réduite dans le sud-est de Bruxelles. La proportion de factures rédigées en néerlandais est de 3,2 % à Forest, de 3,4 % à Uccle, de 3,9 % à Watermael-Boitsfort, de 4,8 % à Auderghem, Etterbeek et Woluwe-Saint-Lambert.

Ces chiffres doivent être pris pour ce qu’ils sont : une simple indication. Ce n’est pas un recensement exhaustif, puisque Belgacom a perdu tout monopole depuis longtemps. Il reste cependant l’opérateur de téléphonie le plus important. Et on ne voit pas très bien pourquoi les Bruxellois parlant le néerlandais seraient plus enclins à tourner le dos à l’opérateur historique que leurs homologues francophones.

Ben Weyts a voulu aussi savoir quelle était la répartition linguistique des factures envoyées dans les six communes de la périphérie. Là aussi, il a dû être déçu par la réponse. Dans tous les cas, le nombre de factures en néerlandais est inférieur à celui des factures en français. C’est manifeste pour Crainhem (19,1 %), Linkebeek (21,4 %) et Wezembeek-Oppem (23,2 %) -soit les trois communes dont le bourgmestre n’a pas été nommé. Mais c’est vrai aussi à Drogenbos (23,6 %), Rhode-Saint-Genèse (31,1 %) et Wemmel (41,6 %).