Bruxelles

Plusieurs affrontements mineurs ont été répertoriés sur le parcours de la manifestation européenne contre le dumping social à Bruxelles, ainsi qu'à l'arrivée du cortège au parc du Cinquantenaire vers midi. Selon un comptage intermédiaire de la police, 15.000 personnes ont défilé vendredi dans les rues de la capitale. La Confédération européenne des syndicats (CES) attendait pour sa part 40.000 manifestants. Quelques affrontements ont eu lieu entre la police et les dockers d'Anvers et de Gand, qui se sont désolidarisés en prenant la tête du cortège dès le départ et ont cherché à se confronter aux policiers, a indiqué la police. Les dockers ont également lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre.

En fin de parcours, la police a dû détourner une partie de la manifestation par le parc du Cinquantenaire pour éviter de se retrouver à nouveau face aux dockers.

Peu avant la fin du trajet, au niveau de la rue de la Loi, les policiers ont dû faire usage de fumigènes, ainsi que d'autopompes pour éteindre le feu bouté par les manifestants et empêcher certaines personnes de se rendre au rond-point Schuman, siège des institutions européennes.

Enfin, quelques membres du Vlaams Belang ont été aperçus sur le toit d'une station-service de la rue Belliard, ce qui a entraîné une agitation au sein du cortège.

Plusieurs leaders syndicaux européens devaient prendre la parole vers 13h.

La manifestation, qui doit se terminer aux alentours de 14h, était organisée pour proposer "une nouvelle voie pour l'Europe" et lutter contre le dumping social.

Importants embarras de circulation

Bruxelles Mobilité note d'importants embarras de circulation à Bruxelles vendredi en début d'après-midi, principalement sur la Petite Ceinture, en raison de la fermeture des tunnels à la suite de l'euromanifestation contre le dumping social. La manifestation a pris "beaucoup de retard et la queue du cortège est encore presque à hauteur de Madou", a souligné vers 14h Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité.

De plus "les manifestants ont endommagé quelques infrastructures sur les voiries de la Petite Ceinture. Cela risque donc de prendre du temps pour nettoyer le tout et rouvrir les axes à la circulation". La situation risque fortement de ne pas être rétablie pour l'heure de pointe.

En début d'après midi, le tunnel Belliard est toujours fermé en direction de Tervuren et la bande de droite à partir de l'entrée du tunnel est inaccessible. Les tunnels Reyers, Tervuren, Cinquantenaire et Loi sont fermés en direction du centre. Même constat pour les tunnels Léopold II et Rogier vers le Midi. Le tunnel Arts-Loi est interdit à la circulation dans les deux directions et les tunnels Porte de Namur et Trône vers la Basilique. Ces fermetures entraînent d'importantes files sur la Petite Ceinture. Bruxelles Mobilité conseille donc aux usagers d'éviter cette zone ainsi que le quartier européen.

Les représentants syndicaux réclament un virage à gauche pour une Europe sociale

A l'arrivée de l'euromanifestation à Bruxelles, 27 représentants de plusieurs syndicats de Belgique, France, Allemagne, Portugal, Espagne, Pologne, République tchèque, Croatie et Slovénie se sont exprimés vendredi dès 13h au sujet des changements qu'ils défendent pour l'Europe. La secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), Bernadette Ségol, a d'abord estimé que 50.000 militants étaient présents à Bruxelles. Elle a ensuite commencé son discours en rejetant l'austérité. "Nous voulons investir pour l'avenir de l'Europe, pour notre Europe. Avant qu'il ne soit trop tard, l'Europe doit prendre une autre direction", a-t-elle déclaré.

La FGTB a de son côté défendu un "virage à gauche pour une Europe sociale". Anne Demelenne, secrétaire générale, s'est fermement opposée aux exclusions du chômage: "On est en train de pénaliser les chômeurs car ils ne trouvent pas un emploi qui n'existe plus. Les travailleurs européens sont mis en concurrence entre eux. Les salaires sont bradés et les conditions de travail deviennent dangereuses. Stop au dumping social en Europe !" Elle a réclamé l'instauration d'un salaire minimum dans tous les pays européens.

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale CSC, a pour sa part prévenu qu'au-delà du nombre croissant de chômeurs, c'est une société explosée qui attend les Européens si aucun changement n'est opéré. "Nous devons inverser la vapeur et nous avons une opportunité historique dans deux mois, aux élections européennes, d'envoyer un message clair. Demain, l'Europe doit être au service des citoyens et non l'inverse. Nous devons réaffirmer les valeurs qui sont les nôtres."

"Nous disons stop à cette Europe qui paupérise la population", a enfin clamé Olivier Valentin, secrétaire national CGSLB, avant de passer la parole aux représentants des autres pays européens. "L'austérité est un massacre social. Leur processus de sortie de crise est injuste et inefficace."