Bruxelles

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, lundi, Aysel T. à 20 ans de prison. Cette femme âgée de 46 ans a été reconnue coupable d'avoir volontairement incendié son propre immeuble et d'avoir tué son mari en le piégeant dans l'incendie, le 25 mai 2016, rue du Pont de l'Avenue à Bruxelles. Le tribunal a décidé de scinder la prévention d'incendie volontaire avec la circonstance aggravante qu'une personne est décédée en deux préventions distinctes; assassinat et incendie volontaire.

Les juges ont argumenté, dans leur jugement rendu lundi, que plusieurs foyers d'incendie avaient été retrouvés dans l'appartement de la prévenue, et pas seulement devant la chambre où son mari dormait.

Ainsi, selon eux, Aysel T. est coupable d'avoir tué son mari volontairement et avec préméditation, et elle est également coupable d'avoir détruit volontairement l'immeuble où elle vivait, en présumant que des personnes devaient s'y trouver. Un voisin de la prévenue avait d'ailleurs dû fuir par le toit de l'habitation pour échapper aux flammes, soulignent les juges.

Aysel T., une mère de trois enfants, âgée de 46 ans, avait incendié son propre appartement, situé rue du Pont de l'Avenue à Bruxelles, le 25 mai 2016, vers 7h30 du matin. Son mari, Erdal K., qui se trouvait à l'intérieur, dans une chambre à coucher, avait été pris au piège des flammes. Il avait ensuite sauté d'une fenêtre au 2e étage. Victime de multiples fractures, notamment au crâne et à la colonne vertébrale, et partiellement brûlé, il était décédé à l'hôpital.

Aysel T. avait avoué être celle qui avait bouté le feu à l'appartement, mais elle contestait avoir voulu tuer son mari.

Elle avait affirmé qu'elle savait que ce dernier s'y trouvait mais qu'elle pensait qu'il aurait pu s'enfuir. Elle avait expliqué qu'elle avait agi sous le coup de l'émotion, après une nuit de disputes avec son mari.

Elle avait raconté que ce dernier avait mis toutes ses affaires dans un sac poubelle et lui avait donné l'ordre de quitter l'appartement, puis qu'elle avait alors bouté le feu à ce sac, en signe de colère.

Dans son jugement rendu lundi, le tribunal a également écarté l'excuse de provocation plaidée par la défense. "Il ne s'agit pas d'un acte impulsif mais bien d'un acte purement réfléchi qui ne répond pas aux critères d'immédiateté de la provocation et qui ne rencontre pas l'exigence de gravité de la provocation", ont exposé les juges.

"Les violences que la prévenue dit avoir subies de son mari et les tensions avec celui-ci ne peuvent donc constituer une excuse de provocation. D'ailleurs, la prévenue s'était déjà séparée de son mari à deux reprises, preuve qu'elle pouvait trouver une autre solution", ont relevé les juges.