Bruxelles

Une ligne de métro Nord-Sud. Le projet est dans les cartons du gouvernement bruxellois depuis des années. Il deviendra réalité en 2025. D’ici cette date, le métro bruxellois, qui fête ses 40 ans en septembre, va s’étendre de cinq kilomètres depuis la gare du Nord vers Bordet (Evere), proche du siège de l’Otan et du nouveau magasin Decathlon. Sept nouvelles stations (Liedts, Colignon, Verboekhoven, Riga, Tilleul, Paix et Bordet) vont ainsi voir le jour.

En fait, ce nouveau tronçon, baptisé Ligne 3 (voir infographie), est l’extension vers le Nord de la ligne de prémétro (tram souterrain) existante entre les stations Albert et Gare du Nord. "Une fois l’extension réalisée, l’ensemble de la ligne sera exploitée en métro automatique", expliquent les concepteurs du projet. Le prémétro actuel sera ainsi reconverti en métro. "Avec une fréquence de trois minutes, un trajet de la gare du Nord vers Bordet se fera en seulement dix minutes (vingt minutes depuis Albert)", développe la Stib. Cette ligne pourrait aussi, dans un second temps, se prolonger vers le Sud et notamment vers Uccle. Une étude de faisabilité va être lancée sur cette extension.

Près de deux fois plus rapide que le tram

Mais le gouvernement bruxellois veut en premier lieu se concentrer sur le Nord. "Les études socio-économiques montrent que les quartiers nord de la ville vont à l’avenir subir une forte croissance démographique. Or, l’offre actuelle de transport public vers le nord de la capitale, via le tram 55, est déjà à saturation", indique-t-on chez Bruxelles-Mobilité. "Ce mode de transport est trop lent et de capacité insuffisante." Le métro bruxellois a ainsi une vitesse commerciale de 28 km/h, contre 16 km/h pour le tram, ralenti par le trafic routier.

D’après la Région bruxelloise, le projet d’extension de la ligne métro nord aura une série d’avantages "collatéraux". "Avec ces nouvelles stations, ce sont des quartiers entiers qui seront repensés et redynamisés", explique-t-on dans un communiqué qui évoque la réhabilitation "de lieux de rencontre qui ont perdu leur fonction de lien à cause de l’invasion des voitures".

"Peu d’impact pour les riverains"

Concrètement, le début des travaux est prévu en 2019 et une mise en service en 2025. Le coût du chantier est estimé à 857 millions d’euros (hors matériel roulant), dont plus de la moitié (450 millions d’euros) sera financée par Beliris, l’accord de coopération entre Bruxelles et le Fédéral. Le reste de la somme est pris en charge par la Région bruxelloise.

Enfin, selon les autorités bruxelloises, les travaux du futur tunnel devraient avoir un impact limité sur les riverains. Pour éviter l’ouverture de voiries, un tunnelier, d’un diamètre de forage de 10 m et creusant à une profondeur de 30 m, va être utilisé. Ce tunnelier avance au rythme de dix mètres par jour, sept jours sur sept. "Cette technique permet d’éviter la démolition d’îlots entiers d’habitations ou de couper des voiries complètes en créant des barrières infranchissables dans la ville", souligne la Région bruxelloise. Les leçons de la défiguration de quartiers entiers, suite à la réalisation de la jonction ferroviaire Nord-Sud dans les années 50, semblent avoir été retenues à Bruxelles.

Liedts

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Verboekhoven

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Collignon

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Riga

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Tilleul

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Paix

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Bordet

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