Bruxelles

John, 18 ans, s’applique à carreler avec précision et concentration sous l’œil critique du jury. C’est la première fois qu’il participe au Championnat belge des métiers manuels et techniques. "Je veux gagner en expérience et aussi gagner le respect des autres", annonce-t-il une fois son œuvre terminée.

Cette voie, il l’a choisie de son plein gré : " J’ai décidé d’arrêter l’école pour carreler, c’est ce que j’aime faire. " Le championnat se déroule sur deux sites de Bruxelles Formation, qui accueillent 12 métiers de la construction et de la logistique. D’autres métiers, allant de l’alimentation aux arts graphiques, concourent également à Liège et Charleroi.

L’enjeu de cette compétition ? "On veut trouver le meilleur élément dans chaque métier pour représenter le pays au Championnat européen Euroskills qui aura lieu en Suède fin décembre", déclare Jean-Paul Dusart, membre du jury en maçonnerie.

Le site construction de Bruxelles Formation, ce sont une dizaine de salles réparties sur 12 500 m2. Chacune est dédiée à l’apprentissage d’un métier : taille de pierre, toiture en pente, peinture, en passant par la charpente et les installations électriques. Elles sont équipées, selon le métier qu’on y apprend, de tout le matériel nécessaire, afin que tous soient formés dans des conditions de travail réelles.

Dans la salle dédiée aux charpentiers s’affrontent une dizaine de jeunes. Le temps imparti arrive à sa fin, le bruit des machines s’affaiblit. Un dernier coup de scie et les pièces en bois sont fin prêtes.

"Trop de préjugés"

Parmi les concurrents , Antoine, 22 ans. "Il y a trop de préjugés sur les métiers manuels. Les gens pensent qu’on n’est pas bons à l’école et qu’on est redirigés, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, déplore-t-il. J’avais un bon niveau scolaire, mais j’ai décidé d’apprendre ce métier car il me permet de m’épanouir. On réalise de belles pièces, on apporte quelque chose au patrimoine."

Le championnat voit chaque année son nombre de participants augmenter. Cette année, pas moins de 18 % des jeunes présélectionnés sont bruxellois, contre 9,5 % l’année passée. Les Startech’s Days, c’est aussi l’occasion pour les visiteurs de s’essayer à ces métiers manuels. "Il y a une dizaine d’animations Village Métiers pour permettre au public de tester tout un tas de métiers comme le plafonnage ou l’électricité", détaille Sandrine Mary de Bruxelles Formation.


Infos : bruxellesformation.be