Bruxelles L’échevine socialiste Karima Souiss n’a pas quitté le logement qu’elle occupe depuis 2001, comme elle l’avait promis en mars 2014.

Karima Souiss (PS) est, depuis fin 2012, l’échevine ganshorenoise en charge de la Solidarité Nord-Sud, de la Petite Enfance et de l’Enseignement maternel. Depuis 2001, la mandataire socialiste est également locataire d’un… logement social. Une situation qui n’est pas illégale mais qui peut poser question. Ce que la socialiste avait d’ailleurs reconnu, en mars 2014, auprès de nos confrères de Sudpresse, qui avaient rapporté l’information. À l’époque, l’échevine promettait de déménager.

"Je prends conscience que ma situation pose question. Mais je ne vais pas partir du jour au lendemain sous prétexte que je suis échevine et me retrouver sans rien après les élections de 2018. Je prends donc le temps d’acheter une maison, afin d’assurer mes arrières", avait-elle alors indiqué.

Quelque 16 mois plus tard, malgré ses déclarations précédentes, l’échevine socialiste n’a pas encore prévu de déménager. "Elle cherche assidûment. Mais il lui faut minimum trois chambres, car elle a trois enfants. Or, pour trouver un tel logement à Ganshoren, vous êtes vite à 300.000 €", réagit Martial Dewaels, le président du conseil d’administration des Villas de Ganshoren, qui fait partie, comme Karima Souiss, de la liste du bourgmestre menée par Michèle Carthé (PS).

"Elle a toujours payé en fonction de ce qu’elle gagnait", ajoute encore ce mandataire, qui avait lui-même occupé, plusieurs années, un logement social de quatre chambres avec jardin alors qu’il était échevin.

Contactée par nos soins, Chantal De Saeger, de ProGanshoren, le principal parti d’opposition, considère qu’une telle occupation reste "inadmissible. Elle profite d’un logement social. On sait que la fonction d’échevin n’est pas un mandat à vie, mais il y a des choix à faire ! ", insiste-t-elle.

D’après nos calculs , le salaire d’échevin de Karima Souiss s’élève à 3.700 € brut par mois, auxquels s’ajoutent environ 200 € par mois en jetons de présence grâce à ses autres mandats rémunérés.

"La situation locative de Mme Souiss n’est en rien dans l’illégalité. Elle est cependant bien à la recherche d’un autre logement", a réagi sa cheffe de file, l’ancienne bourgmestre Michèle Carthé (PS), alors que Karima Souiss est restée injoignable ces derniers jours.

Du côté de son parti, on explique aussi que différents drames personnels ont ralenti les plans de déménagement de l’échevine.