Bruxelles Le plan de réforme des cantons judiciaires inquiétait les juges de paix. Une éclaircie est venue mardi.

L’inquiétude était grande chez les magistrats bruxellois de voir la justice de paix d’Auderghem, qui couvre les communes d’Auderghem et de Watermael-Boitsfort, disparaître.

C’est ce que prévoyait le projet de réforme des cantons judiciaires du ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) qui a pour volonté, histoire d’économiser 10 % du budget de fonctionnement de ces justices de proximité, de redessiner les cantons judiciaires, dont le nombre tomberait, dans l’ensemble du pays, de 187 à 162. Le projet prévoyait qu’Auderghem serait rattaché à Etterbeek et Watermael-Boitsfort à Uccle. Il avait suscité des protestations de la part des acteurs de la justice et des bourgmestres d’Auderghem et de Boitsfort. Le premier s’était même tourné avec succès devant le Conseil d’Etat, poussant le gouvernement à couler la réforme dans une loi et non dans un arrêt royal.

Mardi, le texte était discuté en commission Justice de la Chambre et on a appris que des amendements avaient été déposés par la majorité, rejoignant ceux de Défi, qui dirige Auderghem. Le canton d’Auderghem est sauvé et Jette deviendra un canton à part entière.

"Si l’on m’avait dit que cette réforme réclamait autant de doigté et de diplomatie, j’aurais demandé à y renoncer", a souligné le ministre de la Justice, Koen Geens.

Le plan des présidents rencontrés

Le président de l’Union royale des juges de paix et de police, Jean-Hwan Tasset, par ailleurs juge de paix à Molenbeek, a dû accueillir avec grand plaisir ces nouvelles dispositions.

Il nous rappelait, mardi, qu’au moment de lancer sa réforme, le ministre avait pris contact avec les présidents des tribunaux de première instance francophone et flamand de Bruxelles, qui exercent la tutelle des justices de paix de la capitale. Ceux-ci avaient préparé un plan unanimement approuvé par les juges. Il proposait, pour répondre à la volonté du ministre de supprimer des cantons, de se débarrasser de deux des quatre cantons de Bruxelles-Ville, qui ne croulent pas sous la charge de travail, mais d’en créer un nouveau, qui aurait couvert les communes de Ganshoren, Koekelberg et Berchem Sainte-Agathe, de quoi alléger le lourd boulot des cantons de Jette et d’Anderlecht 2, auxquels ces communes étaient jusqu’à présent rattachées. Dans ce plan, la justice de paix d’Auderghem était maintenue. Dans un premier temps, M. Geens a fait savoir que le "plan des présidents" venait trop tard. Les juges estimaient pourtant que le plan Geens répartissait mal la charge de travail. Les amendements adoptés mardi changent la donne.