Bruxelles De nombreux locataires ignorent que des aides mises en place existent pour les aider à devenir propriétaire.

La moitié des locataires en région bruxelloise est âgée de moins de 41 ans, et 25 % d’entre eux sont âgés de plus de 54 ans. C’est ce qu’il ressort d’une enquête menée dans le cadre de l’Observatoire des loyers de la région bruxelloise qui dresse un portrait des locataires durant l’été 2016. Globalement, le locataire est donc plutôt jeune, mais il ne faut pas oublier qu’on dénombre 14 % de locataires âgés de plus de 65 ans.

Un des principaux constats mis en lumière par l’étude : le locataire est réticent à devenir propriétaire d’un bien dans la capitale. Ce constat explique la stagnation du taux de propriété depuis plusieurs années. "Le taux de propriété a augmenté durant les années 1970-1990 car nous étions dans une période de plein-emploi. De plus, la politique mise en place à l’époque favorisait l’accès à la propriété", explique Marie-Laurence De Keersmaecker, qui a réalisé l’enquête. "Mais aujourd’hui, la population s’appauvrit et on enregistre la présence d’un grand nombre de personnes venant, parfois temporairement, de l’étranger et travaillant en région bruxelloise sans vouloir s’y installer définitivement."

Certes, le coût d’un logement dans la capitale est élevé, ce qui décourage les potentiels acquéreurs, mais la Région bruxelloise a pourtant mis sur pied une politique visant à favoriser l’accès à la propriété.

Elle a, par exemple, supprimé la taxe régionale forfaitaire de 89 € ainsi que la taxe d’agglomération de 1 % sur l’impôt des personnes physiques. De plus, la suppression du bonus-logement a été compensée par une réduction de 21 875 € sur les droits d’enregistrement.

Revenus insuffisants et avenir incertain

Malgré cette politique incitative, il ressort de l’étude que 79 % des locataires n’ont pas l’intention de devenir propriétaires.

La moitié d’entre eux invoque l’insuffisance de revenus comme frein à l’accès à la propriété, et l’autre moitié craint l’incertitude de l’avenir. "De plus, beaucoup de locataires ne connaissent pas les aides qui consistent à exonérer des droits d’enregistrement sur les premiers 75 000 € du prix d’achat d’un premier bien. La réforme fiscale engagée par la Région est donc très peu connue", ajoute Marie-Laurence De Keersmaecker.

Selon les locataires interrogés lors de l’enquête, il ressort que le manque d’informations est la cause majeure de la méconnaissance des aides publiques bruxelloises, et aussi que le montant est jugé insuffisant. Enfin, seuls 20 % des locataires estiment que les aides en matière de réduction des droits d’enregistrement, de réduction du précompte immobilier, de prêts hypothécaires bonifiés, de primes ou des aides du Fonds du logement sont incitatives.


Des loyers plus élevés qu’en 2015

Bruxelles: Si le prix moyen d’un logement en Région bruxelloise avoisine les 710 € par mois en 2016, d’importantes disparités demeurent en fonction des communes.

Uccle (835 € par mois), Watermael-Boitsfort (896 €), Woluwe-Saint-Lambert (858 €) et Woluwe-Saint-Pierre (835 €) affichent les loyers les plus élevés. Des valeurs moyennes de loyers inférieures à la moyenne régionale se retrouvent à Bruxelles-Ville et à Saint-Gilles ainsi qu’à Berchem Sainte-Agathe, Forest, Ganshoren, Jette et Koekelberg.

Enfin, les loyers les plus faibles sont enregistrés en première couronne, à Saint-Josse-ten-Noode (532 €), à Molenbeek-Saint-Jean (651 €) et à Anderlecht (623 €). On enregistre toutefois une hausse des prix des logements entre 2015 et 2016 dans les quartiers considérés comme populaires. En effet, les mécanismes de subdivision de logements dans ces entités ont entraîné la production d’un plus grand nombre de petits logements destinés à la location, qui sont rénovés et qui coûtent donc plus cher.