Bruxelles

Seule la Ville de Bruxelles émet des réserves sur le projet d'aménagement d'un ring pour cyclistes le long de la Petite Ceinture.

Réaliser 12 kilomètres de piste cyclable sécurisée et des trottoirs le long de la Petite Ceinture, tel est l’ambitieux projet de réaménagement annoncé par le ministre de la Mobilité Pascal Smet (SPA) en mars dernier. Un véritable ring pour cyclistes et piétons qui devrait leur permettre de relier facilement les différents quartiers de la capitale mais aussi d’offrir une meilleure qualité de vie en ville.

Le projet, qui s’étend sur les communes de Bruxelles-Ville, Saint-Josse, Ixelles, Saint-Gilles et Anderlecht, a été divisé en huit zones (voir infographie ci-dessous). Chacune d’entre elle fait, ou fera prochainement, l’objet d’une demande de permis d’urbanisme. Jusqu’ici, toutes les procédures se sont déroulées sans encombre, mais c’était sans compter sur les dernières exigences émises par la Ville de Bruxelles.

En effet, cette dernière a remis ce mercredi un avis favorable assorti d’une importante série de conditions pour le réaménagement des deux tronçons allant de la place Madou à la Porte de Namur et de la place Louise à l’avenue Stalingrad.

Selon l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans (MR), l’aménagement proposé ne garantit pas assez la sécurité des usagers et plusieurs révisions doivent être apportées. "Nous demandons à ce que la fonction de rond-point de la Porte de Namur soit conservée et qu’une offre suffisante de parking soit préservée sur le tronçon entre la porte de Namur et la rue du Trône de manière à conserver l’attractivité des commerces avoisinants", explique l’édile libéral. La Ville plaide également pour une progressivité ou un étalement dans le temps des mesures.

Des conditions qui n’effraient pas outre mesure le ministre de la Mobilité, qui prend acte de l’avis de la commission de concertation. "Dans tous les cas, le projet se fera. Nous allons analyser l’avis et des adaptations seront réalisées. Le travail administratif se poursuit comme il doit se faire en fonction de l’avis de la commission de concertation", confie le cabinet de Pascal Smet.

Le ministre semble donc prêt à faire preuve de souplesse dans l’optique de faire avancer le dossier. Des adaptations seront notamment apportées au niveau de la Porte de Namur. "Les conditions émises ne rendent pas impossible la mise en œuvre du projet", ajoute le cabinet.

Étant donné que sur les huit zones, trois détiennent déjà leur permis d’urbanisme et que la toute dernière demande sera introduite au plus tard début 2019, l’échéance de 2020 devrait être respectée.

Un appel à transformer la Petite Ceinture

Et si on disait adieu à la Petite Ceinture ? C’est en substance la proposition lancée par un comité de réflexion composé des urbanistes Rien van de Wall et Wim Menten en collaboration avec le BRAL, Brussels Academy, Architecture Workroom Brussels, IRIB, pyblik, Arau et Brussels Studies Institute. Aux yeux de ce mouvement baptisé Bye Bye Petite Ceinture, la place supplémentaire qui sera prochainement accordée aux cyclistes est un pas dans la bonne direction, mais il est selon eux nécessaire d’aller plus loin. 

Le duo d’urbanistes a fait le calcul : ce sont près de 50 hectares actuellement réservés uniquement au trafic automobile qui pourraient être transformés en espace public permettant de mieux relier les différents quartiers du centre et d’y améliorer la qualité de vie. De novembre à décembre, des promenades seront organisées sur chaque tronçon de la Petite Ceinture afin d’y dresser l’inventaire des enjeux auxquels un réaménagement des boulevards doit apporter des réponses. En fonction des opinions exprimées, un premier exercice de conception urbaine sera réalisé avec l’aide d’architectes-urbanistes. Le mouvement espère présenter le résultat de ces ateliers au grand public au printemps 2018.

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