Bruxelles

Installé depuis 1972 sur le boulevard de la Woluwe en face des étangs, le plus chic des supermarchés de la capitale a su conserver une réputation d’excellence tout en élargissant sa clientèle. L’unique revers de la médaille de ce succès : Rob se sent désormais à l’étroit dans ses murs. Depuis quelques années, l’enseigne réquisitionne ainsi le parking du Collège Jean XXIII chaque samedi. "Ce n’est pas une solution durable. Qui plus est, nous allons perdre l’unique réservoir de places de parking dans le quartier avec le prolongement du tram 94" , indique François Pinchart, directeur-général de Rob.

Un projet d’extension - qui a reçu le feu vert de la commission de concertation la semaine passée - prévoit donc l’agrandissement du parking existant. Deux étages supplémentaires seront construits en hauteur puisqu’il n’est pas possible de creuser en sous-sol dans la vallée de la Woluwe. La capacité passera d’environ 150 places à un total de 250.

Comme les clients sont également de plus en plus serrés dans les allées du magasin, la direction a décidé de profiter du chantier pour agrandir les lieux. Le mur côté parking sera repoussé d’environ cinq mètres tandis que le movator (escalator plat) sera déplacé afin d’agrandir la cave. Au total, le supermarché s’étendra sur 350 m² supplémentaires. Outre l’agrandissement, une modernisation de l’espace est planifiée. "Nous allons tout remplacer : les faux plafonds, l’éclairage, le carrelage. Les rayons et les comptoirs seront agrandis. On procédera également à un ravalement de façade" , énumère le directeur qui assure que Rob retrouvera ainsi son lustre d’antan.

Ce projet de rénovation est l’occasion de revenir sur ce qui fait le succès de Rob. Sous des allures de supermarché classique, l’enseigne propose en réalité une large gamme de produits d’épicerie fine ainsi que des rayons frais spécialisés faisant la part belle aux petits producteurs. Outre son propre service traiteur et sa boulangerie, l’enseigne propose aussi une kyrielle de grands noms tels que Wittamer ou Marcolini. Au total, Rob possède plus de 15 000 références et certains chiffres ont de quoi donner le tournis : citons les 350 variétés de fromage ou encore les 2 000 sortes de vin dont une partie est à la portée de toutes les bourses.

Ce qui fait aussi la force de Rob, ce sont les exclusivités. Véritable faiseur de tendance, le magasin le plus huppé de la capitale a été le premier à vendre des insectes ou du vrai bœuf de Kobe. A l’inverse, une présence chez Rob, perçue comme un gage de qualité, est bénéfique pour les petits producteurs. Avant de se retrouver dans toutes les épiceries fines, les créateurs des cuberdons Léopold avaient d’abord frappé à la porte de chez Rob qui a participé à la confection du produit. "C’était une vraie collaboration. Beaucoup de petits producteurs ont grandi chez nous."

Pas un supermarché réservé aux riches

L’enseigne qui compte parmi ses fidèles clients le roi Albert et la reine Paola garde une étiquette de magasin réservé aux riches. Pourtant l’avènement des émissions culinaires et un regain d’intérêt du grand public pour les bons produits ont permis d’attirer de nouveaux clients, pas nécessairement fortunés. "Notre clientèle, ce sont surtout les foodies, les passionnés de gastronomie et d’œnologie, qui préfèrent acheter moins mais de meilleure qualité" , souligne François Pinchart.

Selon les premières prévisions, les travaux préparatoires se dérouleront en mai tandis que le chantier en tant que tel est prévu durant la période estivale. En revanche, les montants investis pour la rénovation sont confidentiels.