Bruxelles

A peine trois mois après leur arrivée à Bruxelles, les vélos verts en libre-service vont (déjà) disparaître des rues de la capitale.

La société Gobee.bike s'est d'abord lancée en Chine. Après un beau succès à Hong Kong, Raphaël Cohen, le Français à l'origine de la startup, a décidé d'étendre son réseau à l'Europe. Paris, Lyon, Turin, Florence, Rome, Lille, Reims, Bruxelles... Les vélos verts en libre-service ont débarqué mais seulement pour quelques mois.

Dans un communiqué envoyé aux utilisateurs ce 9 janvier, le ton est vite donné : "Reims/Lille/Bruxelles, c'est avec tristesse que nous te disons au revoir...". La société ne se disait pas concurrente directe des traditionnels Villos jaunes de Bruxelles mais se considérait plutôt comme complémentaire au système existant. En effet, avec les vélos Gobee, pas besoin de se rendre à une borne pour prendre ou remettre l'engin à deux roues. A l'aide d'une application téléchargée sur son smartphone et à une puce GPS intégrée au vélo, les utilisateurs avaient l'opportunité de déverouiller celui-ci et de l'utiliser moyennant 0,50 euros par demi-heure. Pour avoir accès au service, les utilisateurs devaient payer une caution de 50 euros (qui sera remboursée aux cyclistes, assure l'entreprise dans un message sur Twitter).

Des témoignages sur les réseaux sociaux déploraient ces derniers temps l'indisponibilité grandissante des vélos à Bruxelles, Lille et Reims. Des photos de l'état dans lequel ils sont trouvés par les usagers toutes villes confondues circulent également sur les réseaux sociaux. 



C'est donc début janvier que le couperet tombe : trois mois après son lancement, la location s'arrête brutalement dans ces trois villes. La raison invoquée par la société : le vandalisme. "Les dégâts causés à notre flotte ont atteint des limites que nous ne pouvons plus surmonter", estime Gobee.bike dans ce communiqué. De nombreux vélos auraient été privatisés par des personnes ne jouant pas le jeu tandis que d'autres ont été lourdement déteriorés. Gobee.bike assure néanmoins avoir effectué "de lourdes réparations sur les vélos endommagés" et déplore qu'à peine quelques heures après leur mise en circulation, certains vélos neufs avaient déjà disparu.

Et de conclure : "Nous avons dû affronter la triste réalité que notre vision de la mobilité n’était pas partagée par une minorité déterminée à nuire, et nous ne pouvons plus supporter ni le coût financier, ni le coût moral des réparations".

Un problème local ? Visiblement pas. On aurait pu croire qu'un groupe de personnes mal attentionnées ou la concurrence s'étaient acharnés sur ces vélos. Pourtant, les mêmes raisons ont été évoquées pour Bruxelles, Reims et Lille. A Hong Kong, une vingtaine de Gobee.bike avaient été repêchés en novembre.

Deux autres sociétés de partage de vélos se partagent aussi Bruxelles : Billy Bike et O Bike, dont le système est similaire à Gobee.bike.

Cet abandon est un sacré revers pour Bruxelles, qui sous la houlette du ministre Pascal Smet, veut se profiler comme une ville cycliste. "Nous trouvons ça dommage mais certains acteurs continuent à montrer de l'intérêt pour venir s'implanter à Bruxelles", réagit Mathias Dobbels, porte-parole du ministre Smet. Le nouveau réglement sur lequel planche le ministre Smet doit fournir davantage de clarté à la pratique du cyclopartage. Il sera en outre demandé aux entreprises de vélos partagés de réparer les vélos endommagés dans les 24 heures.