Bruxelles

Vous êtes Bruxellois ? Passionné par votre ville ? Et vous souhaitez la présenter aux étrangers sans fouler les sentiers battus et rebattus ? Le réseau des "Greeters" est fait pour vous. Le mouvement relève du tourisme participatif. Des citoyens lambda offrent leurs services, et un peu de leur temps, pour rencontrer des étrangers, ou des Bruxellois. Ils partagent leur connaissance de la ville en mettant en avant des valeurs humanistes basées sur la multiculturalité et l’échange. Ainsi, "les touristes écoutent des histoires qu’on ne trouve pas dans les guides et découvrent la ville d’une manière plus vraie, plus intense", explique Bruno De Lille, membre du Collège de la Commission communautaire flamande chargé de la culture.

Suite à une inscription préalable, le touriste et les "Greeters" sont mis en contact, via le site internet de l’ASBL Tourisme autrement, au moins une semaine avant leur entrevue. Le site Greeters.be fonctionnera dans quelques jours et servira de plate-forme de contact officielle. Les rencontres durent de deux à quatre heures et un "Greeter" ne peut s’occuper de plus de six personnes à la fois. Bénévole, il ne reçoit aucune rétribution, pas même le ticket de métro ou le café. L’utilisation des transports en commun, ou des moyens de locomotion écologiques, vélo ou marche, est vivement conseillée.

Six "Greeters" ont déjà répondu sur le réseau social Facebook à l’appel de Marie-Paule Eskenazi, la directrice de l’ASBL Tourisme autrement. Elle souhaite "recruter un maximum de bénévoles, polyglottes, si possible pour le premier juillet et la présidence belge de l’Union Européenne. Nous sommes en contact avec le BITC (Bureau international du tourisme et des congrès), l’OPT (l’Office de promotion du tourisme), le secteur de l’Horeca, les écoles et offices de tourisme. Pour toucher un public visiteur le plus large possible, nous allons également solliciter les associations de communautés étrangères" a-t-elle ajouté.

José Gregorio a répondu le premier à l’annonce passée sur Facebook. Ce préretraité habitant à Etterbeek parle le français, l’anglais, l’espagnol, et possède des bases en italien et en néerlandais, seulement ! Il connaît déjà le tourisme participatif, au travers de "Bed and Brussels". En tant que Greeter, il espère dévoiler aux étrangers "des espaces paradisiaques, c’est-à-dire qui ne sont pas déjà envahis".

Mais c’est à Christos Doulkeridis, le Ministre-président de la Commission communautaire francophone chargé du tourisme (Cocof) que reviendra l’honneur d’inaugurer ce concept à Bruxelles avec son homologue flamand. "En devenant "Greeters" avec Bruno De Lille, nous voulons symboliser le soutien de la Région bruxelloise au tourisme intrabelge". Face à ces nouveaux acteurs, ce dernier ne craint nullement une réaction négative du secteur. "Les Greeters sont une porte d’entrée supplémentaire qui apporte un plus, ils ne remplacent pas un guide ou une agence".

Une complémentarité se dégage même puisqu’ils touchent souvent "un public qui a déjà visité les classiques et souhaite découvrir la ville plus en profondeur" surenchérit le président du "Global Greeter Network", Jos Nusse.

Marie-Paule Eskenazi compte exporter ce concept au reste des villes belges, en cas de succès à Bruxelles. Dans les pays où le système existe déjà, la demande de bénévoles dépasse généralement l’offre. Alors, "Greeters" dans l’âme ou simples amoureux de la capitale désireux de partager ce plaisir, les touristes comptent sur vous.