Bruxelles 35 % du personnel participent à l’action syndicale.

Plus d’un an et demi après la réforme des collectes, le SLFP, syndicat majoritaire à Bruxelles-Propreté, est passé à l’action. Ils l’avaient annoncé, si rien ne bougeait, ils installeraient les piquets de grève. C’est finalement à l’issue d’une réunion stérile qui a rassemblé syndicats et la secrétaire d’Etat en charge de la Propreté publique Fadila Laanan (PS), que les syndicalistes de la fonction publique ont décidé de marquer leur impatience en diminuant les services pendant ce week-end.

La pénibilité du travail d’éboueur

"Nous n’avons rien obtenu", s’indigne Michel Piersoul, dirigeant responsable du SLFP. Une fois de plus, le syndicaliste rappelle les pourquoi du ras-le-bol général. "En 2015, 245 personnes ont été engagées sous un CDD (contrat à durée déterminée), avec la promesse que ces contrats seraient bientôt transformés en CDI (Contrat à durée indeterminée). Au lieu de ça, 120 personnes ont été remises au chômage en 2018…" 

Et cette saga des contrats en tous genres semble continuer. Depuis la réforme, une centaine de travailleurs ont été engagés sous contrats précaires, soit first, dont le salaire s’élève à 850 euros par mois. "Il y a déjà tellement de personnes en CDD qui attendent d’obtenir un CDI que ces personnes engagées en contrat first n’auront jamais de contrats", suppose Michel Piersoul. Dans leurs revendications, le SLFP invoque aussi la pénibilité du travail d’éboueur. "Les travailleurs n’en peuvent plus. Il y a 33 % d’accident de travail en plus." En cause ? L’augmentation des récoltes depuis la réforme. "Le coût supplémentaire de cette réforme est à s’encourir ! Ce n’est pas nécessaire d’enlever les sacs bleus chaque semaine."

Ce week-end, 35 % du personnel participe à la grève. "C’est un nombre très élevé sachant que je ne ferme pas les portes", constate Michel Piersoul. Pendant trois jours, seuls 80 % des collectes de sacs seront assurées, et plusieurs recyparks seront fermés. "Je n’ai pas voulu faire grève dans les secteurs commerciaux, pour éviter qu’on me tombe dessus en me parlant de la situation qui est déjà assez difficile comme ça", précise le président du SLFP.