Bruxelles

Bonne nouvelle pour les lycéens inscrits à Dachsbeck et, dans une moindre mesure, pour les parents qui souhaitent inscrire leurs enfants dans ce lycée prisé de la capitale. La Ville de Bruxelles va y effectuer une série de lourds travaux offrant une nouvelle bibliothèque, un nouveau réfectoire, une nouvelle salle de sport et 38 places supplémentaires. Cette extension est possible grâce au rachat, par la Ville de Bruxelles, d’une dent creuse de moins de 200 m2 située juste à côté du lycée à la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour la somme de 325 000 €.

Ravi d’enfin pouvoir donner un peu d’air au lycée Dachsbeck, l’échevin bruxellois de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène (MR) ne digère par contre pas la gestion de ce chancre par la FWB. "Semaine passée, on entendait la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns déplorer le manque d’espace. Soit. Mais ce chancre appartient à la FWB depuis 26 ans et elle n’en a jamais rien fait", dénonce l’élu libéral qui juge la situation d’autant plus "cynique qu’il s’agit ici de compenser l’absence de décision de la Fédération Wallonie-Bruxelles par rapport à ce chancre."

"Cela fait dix ans que l’on dit qu’il y a un problème de place dans les écoles bruxelloises. Cela fait dix ans que la Communauté française dit se pencher sur des extensions d’écoles, ci et là… Manifestement, le travail n’a pas été fait. On a perdu dix ans. Malgré les déclarations matamoresques de certaines et de certains, le résultat est nul", poursuit l’édile, qui rappelle dans la foulée que la Ville de Bruxelles a créé 4 500 places en six ans alors qu’il ne s’agit pas d’une obligation communale.

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Retour au point de départ

L’origine du courroux de l’échevin libéral vient également du fait que le chancre appartenait à l’origine à… la Ville de Bruxelles. La Ville l’a cédé à l’État belge qui l’a ensuite cédé, en 1992, à la Communauté française. À l’époque, la Communauté française voulait construire un espace muséal dédié au mouvement Cobra (pour Copenhague, Bruxelles, Amsterdam), un mouvement artistique créé en 1949. Projet abandonné suite à la dissolution de l’ASBL en charge du projet.

Début 2000, des négociations entre la Ville et la Communauté française ont porté sur un échange entre le terrain rue de la Paille et un hôtel de maître situé rue de Ruysbroeck dans l’optique d’y installer un musée de la littérature. Face aux impositions urbanistiques liées à la valeur patrimoniale de l’hôtel de maître, la FWB abandonna de nouveau le projet.

Les négociations ont repris récemment. La Ville souhaitait devenir propriétaire du chancre gratuitement. En échange, elle finançait les travaux d’extension du lycée. Refus de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "pour la simple et bonne raison qu’une cession est illégale", avance-t-on au cabinet de la ministre Schyns.

Sur l’absence d’initiative reprochée par l’échevin, le cabinet Schyns assure que le terrain est trop petit pour en faire une école et qu’il n’y avait aucun sens de construire un projet propre à la Communauté française qui aurait pu faire concurrence à Dachsbeck.

"Faux", rétorque Geoffroy Coomans de Brachène qui assure que ce site pouvait accueillir huit classes environ, soit près de 200 élèves supplémentaires. La Fédération Wallonie-Bruxelles va enfin débloquer 649 138 euros de subsides pour la Ville de Bruxelles pour ce projet d’extension dans le cadre de l’appel à projets global sur les zones en tension.