Bruxelles

Ce mercredi 28 mars, la pétition "les Marolles doivent rester un quartier populaire" sera remise à la commission de concertation de la commune.

Dans cette pétition, les quelque 6 000 signataires s’insurgent de la tournure qu’a prise le contrat de quartier, au détriment de l’intérêt des habitants des Marolles. En mars 2017, la Région de Bruxelles-Capitale approuvait le lancement d’un contrat de quartier durable (CQD) pour les Marolles, projet porté par la Ville de Bruxelles. L’objectif présenté dans ce dossier était clair : "Contrebalancer la pression que le Sablon exerce sur le quartier, […] la pression immobilière et touristique grandissante menaçant son identité et son accessibilité."

Un an plus tard, force est de constater que l’ampleur de ce programme aux projets "tape-à-l’œil" entraînera une augmentation de la pression touristique et immobilière. Les habitants du quartier craignent dès lors une augmentation drastique des loyers et l’oubli des habitants précaires. Un collectif de riverains des Marolles tire la sonnette d’alarme et demande sa modification.

Un projet à 27 millions

"Il y a des bonnes choses dans ce contrat de quartier, mais nous, ce qu’on veut, c’est que les priorités soient inversées", explique Patrick Wouters, ancien commissaire de police des Marolles et porte-parole du comité de quartier Pavé des Marolles. "On veut que les projets phares soient réduits et adaptés en fonction des besoins des Marolliens, et que le public précaire soit pris en compte, ce qui n’est plus le cas comme ça avait été promis."

Ce projet qui représente plus de 27 millions d’euros d’investissements publics prévoit la construction de 33 logements, soit 11 millions d’euros. Peu satisfaits, les habitants et signataires de la pétition demandent de créer 100 nouveaux logements accessibles dans le périmètre, destinés en priorité aux habitants à faibles revenus.

La vie locale avant le tourisme

Un autre point qui fera l’objet de recommandations mercredi : faire primer la vie locale sur le tourisme. Au cœur de Bruxelles, les Marolliens font face quotidiennement à de nombreux flux touristiques. Le dossier de candidature du contrat de quartier promettait d’ailleurs que "les intérieurs d’îlots seraient réaménagés comme des sanctuaires, des lieux où les habitants peuvent retrouver un espace convivial à l’échelle du quartier et à l’écart des flux touristiques".

Suite à cette déclaration, les habitants attendaient une amélioration concrète des espaces publics souvent désolés, et la création d’espaces de respiration à destination des Marolliens, ce qui, d’après la pétition, n’est plus à l’ordre du jour.