Bruxelles Le collecteur d’égouts acheminant les eaux usées vers la station d’épuration Nord sera curé début 2018.

Environ 189 déversements de polluants ont été enregistrés dans la Senne en 2016 - contre une vingtaine dans les autres grandes villes européennes - selon une étude réalisée par deux chercheurs de l’ULB qui se sont intéressés à la problématique de la pollution du cours d’eau bruxellois. Le dossier est assez technique, mais concrètement, les eaux usées qui proviennent du centre-ville sont acheminées vers la station d’épuration de Bruxelles-Nord via le collecteur de Bruxelles-rive droite, situé à Neder-over-Hembeek, et les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi il y a eu autant de décharges d’eaux non épurées déversées dans la Senne.

Accumulation de sédiments

Ils ont ainsi mis en évidence le fait que depuis 10 ans le collecteur n’a plus été nettoyé avec comme conséquence, une accumulation de sédiments à l’intérieur. Résultat : les eaux usées sont envoyées beaucoup plus rapidement vers la rivière. "L’étude démontre que la couche de fond du grand collecteur est 5 fois plus épaisse qu’au milieu des années 80 !", s’étonne Michel Verbanck, professeur à l’école Polytechnique de Bruxelles et directeur du service de traitement des eaux et pollution. "Les dépôts sédimentaires constituent un problème majeur pour l’efficacité du système d’assainissement, sachant qu’ils accentuent la rugosité des canalisations et réduisent la capacité d’écoulement du réseau d’évacuation. Il en résulte de ce fait une augmentation significative de la fréquence et du volume des surverses dans la Senne."

Entretien du collecteur

Pour expliquer cette situation, il faut remonter à 2010, lorsque les intercommunales Hydrobru et Vivaqua ont été chargées de l’entretien du collecteur, qui incombait initialement à la Ville de Bruxelles. Quand la gestion leur a été confiée, le collecteur était dans un tel état qu’un simple entretien était impossible. "Cette situation est navrante et en tant qu’environnementaliste, j’attends qu’on entretienne ce collecteur le plus rapidement possible pour éviter les déversements intempestifs des eaux usées dans la Senne", ajoute Michel Verbanck.

En réponse à une interpellation du député Jef Van Damme (SPA), la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault a expliqué que des tests sont actuellement en cours afin de vérifier l’acceptabilité des boues de curage par la station d’épuration Nord. "Dès que les résultats seront connus, Vivaqua pourra finaliser son étude d’un nouveau dispositif de curage performant pour ce collecteur de grande section. Un appel d’offres sera lancé après l’été afin de procéder début 2018 au curage de ce tronçon puis à la mise en œuvre d’un dispositif pérenne d’entretien", a-t-elle expliqué.

Elle ajoute également que la proposition de fixer une limitation du nombre de déversements autorisés figure dans le plan de gestion de l’eau qui a été approuvé en janvier dernier.