Bruxelles

D’ici trois ans, un colossal chantier d’agrandissement devrait débuter sur une partie du Ring bruxellois à l’initiative du gouvernement flamand, plus précisément sur le tronçon entre Grand Bigard et Zaventem. A certains endroits, le nombre de bandes sera ainsi purement et simplement doublé, passant par exemple de 6 à 14 à hauteur du bois du Laerbeek, à Jette. Problème : le chantier, pour lequel la Flandre compte débourser 1,2 milliard d’euros, n’a fait l’objet d’aucune concertation sérieuse avec la Région bruxelloise. Or, si le Ring se trouve en territoire flamand, l’impact, notamment en termes de santé publique, sera principalement supporté par les habitants de la capitale. Alors qu’Ecolo-Groen a mené jeudi matin une action de sensibilisation sur le sujet, la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH) a fait savoir qu’elle reste opposée au projet.

Voilà des années que le tronçon entre la E40 venant de Gand et la E40 venant de Liège, principalement entre Zellik et l’UZ Jette, souffre d’embouteillages à répétition. En cause notamment : la présence des nombreux camions de marchandises en provenance du port d’Anvers et l’aéroport de Zaventem. Si le problème n’est contesté par personne en Belgique, la manière avec laquelle la Flandre a décidé de le résoudre pose problème à Céline Fremault. Aussi bien sur le fond que la forme. Alors que le projet du ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), pourrait impacter fortement la santé des Bruxellois, ce dernier en a pris la décision sans la moindre concertation.

"Actuellement, on reste opposé au projet. On avait été très étonné en mars dernier que Ben Weyts annonce le début des travaux sans nous prévenir", indique-t-on du côté du cabinet de la ministre bruxelloise. "On a demandé une évaluation précise des effets du projet sur la qualité de l’air, sur l’impact sonore et de manière générale sur l’environnement, et on ne l’a pas toujours pas reçu. Mais de toute façon, sur le principe, on reste opposé. On demande par contre une vraie concertation. La Région bruxelloise ne compte pas se laisser faire", explique Adel Lassouli, le porte-parole de la ministre.

Le risque d’impact pour les Bruxellois est d’autant plus préoccupant que, selon un rapport publié jeudi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le niveau de pollution se trouve au rouge dans la capitale. Les particules fines s’y élèvent déjà à 26 microgrammes par mètre cube, soit six de trop. "Une Région prend des décisions dont l’impact sera supporté par une autre Région", résume, en s’agaçant, le bourgmestre jettois Hervé Doyen (CDH). Ce dernier ne cache pas sa crainte face à l’effet d’aubaine que pourraient créer les bandes de circulation.