Bruxelles

Victor Hugo a passé près de mille jours de son existence à Bruxelles où il a notamment mûri son projet de création des Etats-Unis d’Europe qui a fini par se concrétiser un siècle plus tard. Mais c’est aussi dans notre capitale qui lui avait généreusement offert l’asile politique (jusqu’à ce que Léopold II en décide autrement par crainte d’extension des idées de la Commune!) qu’il a sorti le 30 mars 1862 un de ses chefs-d’œuvre "Les Misérables" dont la version théâtrale a aussi été créée à Bruxelles sous la houlette de son fils Charles.

Passionné par le personnage et par ses écrits, notre confrère flamand Kris Clerckx, un journaliste touristique qui collabore au "Standaard" et à la VRT et à qui l’on doit plusieurs ouvrages s’est demandé voici un an si cela ne valait pas la mise sur pied d’une année particulière autour de l’immense Victor. Il a donc pris son bâton de pèlerin et a interpellé Michèle Boccoz, l’ambassadeur de France en Belgique tout en frappant à la porte des organismes touristiques et de tous ceux qui d’une manière ou d’une autre pourraient s’associer au projet.

Mardi soir à la Résidence de France, en présence de l’ambassadeur, l’Année Hugo initiée donc par un Belge néerlandophone hugophile a été officiellement portée sur les fonts baptismaux...

Jusqu’en octobre prochain, animations diverses culturelles ou plus urbaines voire gastronomiques se succéderont dans la capitale. Le "Père Hugo" sera bien entendu au cœur de la démarche qui se caractérise d’emblée par la publication d’un guide "Sur les pas de Victor Hugo" (chez Racine).

Un ouvrage où Kris Clerckx crée une "route Victor Hugo" qui relie Paris à Bruxelles et qui se décline en quelque huit étapes, de manière plus ou moins directe entre les deux capitales mais aussi en passant par la Wallonie, le Nord-Pas de Calais et la Normandie...

Comme l’a expliqué le toujours passionnant historien de Bruxelles, Roel Jacobs, Hugo n’a pas fait que passer par chez nous; il y a aussi développé nombre d’idées progressistes pour son temps dans une Belgique nouvelle volontiers accueillante aux contestataires politiques.

Par contre, ce que l’on sait moins c’est que cette ouverture n’était pas une manifestation de sympathie spontanée du pouvoir belge mais plutôt la suite d’un coup un peu tordu du roi Guillaume Ier qui voyait dans les exilés des alliés potentiels pour ennuyer les Grandes Puissances!

Il s’imposait que la littérature soit d’emblée présente dans l’Année Hugo à côté de promenades permettant de (re)découvrir Bruxelles autrement: une exposition sur les "Misérables" a commencé à la Royale et Hugo sera une des "guest-stars" de la Foire du Livre. Par contre, il peut sembler étonnant que la Banque nationale apporte aussi sa pierre à l’édifice. C’est pourtant logique: Hugo avait été un de ses actionnaires lorsqu’il résidait chez nous!

Très original aussi: un "remake" le 16 mars dans la Galerie du Roi du banquet gastronomique organisé en 1862 par les éditeurs bruxellois d’Hugo et ce avec l’appui du Centre de gastronomie historique. Mentionnons encore un cycle des meilleures adaptations du livre majeur à la Cinémathèque en attendant le retour des "Misérables" au Théâtre du Parc après les grandes vacances.

Mais le théâtre de Toone ne pouvait manquer à l’appel: en octobre, il (re)jouera "Ruy Blas". Et ceci n’est (forcément) qu’un résumé d’un programme très éclectique qu’on complètera utilement en rejoignant le site www.lesmiserables150.be ou en se le procurant chez VisitBrussels...