Bruxelles Le bourgmestre dénonce le manque de préparation concernant le réaménagement du tunnel.

Pendant que Pascal Smet (SPA), ministre de la Mobilité et le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) se chamaillent pour savoir quel plan adopter en ce qui concerne la mobilité lors des travaux de réaménagement du tunnel Léopold II, les communes restent dans le flou le plus total.

Tout ce que l’on sait pour le moment, c’est que les travaux seront entamés au début du mois de mai et prévus la nuit, du dimanche au jeudi dans un premier temps. Pendant tout l’été, le tunnel devra être fermé à la circulation dans les deux sens et le gouvernement bruxellois doit encore prévoir un plan de mobilité à adopter à ce moment.

En attendant, les bourgmestres de Berchem-Sainte-Agathe, Joël Riguelle (LBR) et de Koekelberg, Philippe Pivin (MR), sont effarés de voir le manque de préparation et de concertation des communes. Ce jeudi, l’édile berchemois a envoyé une lettre au ministre de la Mobilité pour lui faire part de son mécontentement. "La commune de Berchem-Sainte-Agathe ne cache pas son effarement face à l’impréparation dans laquelle toute cette intervention majeure se présente. On voudrait préparer le chaos que l’on ne s’y prendrait pas mieux", peut-on lire dans la lettre.

Des solutions non viables

Alors que tout avait bien commencé en 2012 lors des premières réunions du comité d’accompagnement visant à préparer cette rénovation, le projet est tombé dans une phase de sommeil pendant plusieurs années. Quelques crises des tunnels plus tard, il a finalement été communiqué que le choix du gouvernement portait sur un scénario soft : des travaux très étalés dans le temps, avec des épisodes réduits de fermeture totale du tunnel pendant les travaux (congés scolaires).

"Ce choix aurait été principalement dicté par l’incapacité qu’avait la Région à mettre en place des mesures d’accompagnement performantes", indique la lettre. Résultat : un mois avant le début des travaux, des bureaux d’études sont toujours en train de plancher sur des hypothèses de travail théoriques.

Les alternatives proposées aux navetteurs pour relier la Flandre et Bruxelles ne convainquent pas non plus l’édile. Télétravail, se lever plus tôt, déviations du trafic, utilisations des transports publics "englués dans le trafic automobile", l’utilisation du train ou du vélo sont autant de solutions non viables. "Le citoyen sera abandonné à son propre sort."

"Berchem-Sainte-Agathe regrette amèrement le ratage complet qui se profile. Ce n’est pas faute d’avoir été disponible pour aider à ce que les choses se passent au mieux." Le bourgmestre berchemois appelle donc Pascal Smet à reprendre en main les choses de manière professionnelle.