Bruxelles

On a déjà éradiqué une grande partie des potagers pour construire 320 logements. Cela a été vécu par une bonne partie des habitants comme une catastrophe personnelle. Je n’ai pas envie que cela se reproduise", explique Ulricke Weissenbacher du comité potager XL en danger.

D’où une grande mobilisation pour sauver les potagers collectifs, près de la rue Louis Ernotte, entre Ixelles et Boitsfort. Dans cette enclave de verdure, le long de la voie ferrée, quelque 80 personnes cultivent une quarantaine de potagers. Et depuis peu une parcelle de dix jardins collectifs financés par la Fondation Roi Baudoin a été créée. Elle est cultivée par les habitants des logements sociaux tout proches. "Il y a beaucoup de pommes de terre pour les frites (rires) mais aussi des haricots, des brocolis, des artichauts, des fleurs pour les ruches à proximités, etc.", détaille Ulricke Weissenbacher.

Aujourd’hui, ce petit paradis maraîcher est en péril. En effet, un PPAS (plan particulier d’affectation du sol) communal risque bien de signer la mort des potagers. Le projet, actuellement soumis à enquête publique, prévoit pour l’essentiel du logement privé dont une partie sera éventuellement financée par un partenariat avec la commune. Il est prévu de garder dans le projet une zone "naturelle" mais qui ne correspondra pas aux potagers existants qui seront lotis.

Pour de nombreux riverains, c’en est trop, surtout après la destruction récente d’une série de potagers voisins de la Chaussée de Boondael. "Ce n’est pas seulement du jardinage, c’est un échange entre personnes de tous groupes d’âge et de toutes classes sociales. C’est bien souvent aussi un apport économique indispensable pour bon nombre de pensionnés", insiste Ulricke Weissenbacher.

Une pétition en ligne a d’ores et déjà rassemblé plus de 1000 signatures en attendant la commission de concertation du 29 juin prochain.