Bruxelles

L'établissement situé à deux pas de la Grand-Place fermera ses portes mardi prochain.

Mauvaise nouvelle pour les cinéphiles ! L’Actor’s Studio, cinéma emblématique implanté dans le centre de la capitale, à deux pas de la Grand-Place, fermera ses portes mardi prochain. Créé il y a 30 ans, ce cinéma était apprécié des cinéphiles pour sa programmation qui propose des films d'auteur, toujours projetés en version originale sous-titrée.

"Nous sommes naturellement tristes de devoir fermer le cinéma mais nous n'avons pas eu le choix", explique Georges Jetter, administrateur de ce lieu qui a toujours été dirigé de main de maître par Claude Diouri.

"Les raisons qui ont poussé à la fermeture sont multiples. D'un côté il y'a des raisons économiques : la fréquentation est devenue catastrophique au fil du temps. De plus, cet été, il y a eu la Coupe du Monde et une météo très clémente. Du coup les gens préfèrent rester en terrasse plutôt que de se rendre dans une salle de cinéma... Nous avons aussi connu des problèmes techniques car la chaleur influe sur tout ce qui est électronique et on avait un problème de ventilation dans la salle 3 qui nous faisait courir le risque d'interruption de projection. Mais le plus important, c'est le fait que l'hôtel qui est propriétaire des lieux nous a signifié qu'il fallait qu'on quitte les lieux car il envisage d'augmenter sa capacité d'hébergement", poursuit Georges Jetter.

Enfin, les évolutions de la ville n'ont en rien aidé l'Actor's Studio à garder le cap. "Le centre-ville devient très difficile d'accès et le piétonnier n'a pas arrangé les choses. De plus, la réouverture récente du Pathé Palace a été un facteur perturbant car les films d'auteur ont été répartis entre les différents cinémas. Plus globalement, nous souffrons énormément de la concurrence avec Netflix, et de moins en moins de gens se rendent au cinéma. Enfin, on retrouve dans ce quartier pratiquement exclusivement des touristes qui viennent acheter du chocolat et des pralines, et les cinéphiles ont déserté", déplore Georges Jetter.