Bruxelles

Face à des plaintes de riverains de plus en plus fréquentes, la commune de Schaerbeek vient de prendre une mesure assez radicale pour limiter les nuisances liées à la présence de débits de boissons. En effet, le conseil communal a adopté mercredi soir un nouveau règlement de police limitant les horaires d’ouverture des cafés.

Les débits de boissons alcoolisées ou non, accessibles au public, qui sont implantés sur le territoire de la commune seront tenus de fermer leurs portes à 1 h les jours de semaine et le dimanche. Les vendredis, samedis et les veilles de jours fériés, ils devront mettre les derniers clients dehors au plus tard à 3h du matin. Par contre, aucune limitation d’horaire ne sera d’application les nuits précédant le jour de Noël et le jour de l’An.

Le nouveau règlement de police obligera les tenanciers à afficher les heures d’ouverture et de fermeture sur la porte d’entrée de leur établissement et à respecter un temps de fermeture de minimum cinq heures. Plus question non plus d’appâter le client avec des actions promotionnelles sur la voie publique ou sur Internet. Toute incitation à la consommation d’alcool au sein du débit de boissons sera strictement interdite. Les cafés qui ne respecteront pas ces nouvelles dispositions s’exposent à une amende administrative d’un montant de 350€ maximum, ou pire à une fermeture temporaire ou définitive de l’établissement.

S’ils en font la demande écrite et à l’avance, les cafés pourront obtenir des dérogations pour des événements exceptionnels. Des dérogations permanentes peuvent aussi être obtenues, mais sous des conditions strictes : disposer d’un système de gardiennage agréé dès minuit, placer un limiteur de bruit, etc.

Ces mesures sans pareil en Région bruxelloise font grincer des dents dans le secteur horeca. "Nous n’avons pas été consultés. Pour nous, il est clair que cela va poser problème", estime Chloé, responsable du bar La Fontaine sur la place Dailly. Sa famille possède trois cafés sur Schaerbeek qui restent ouverts quasiment en permanence. "La nuit, il n’y a pas forcément beaucoup de clients, mais on fait du chiffre grâce au bingo. Si ces machines n’existaient pas, de nombreux bars auraient déjà fermé leurs portes à cause de toutes les nouvelles restrictions."

Interdiction de fumer, boîtes noires… Le secteur horeca se sent quelque peu acculé. "Ils exagèrent ! Ils sont en train de mettre tout un secteur par terre !", s’insurge Chloé qui a fait aménager un fumoir pour compenser la perte de clientèle. "La nuit, on ne gêne vraiment personne. Nos clients ne sortent même pas dans la rue pour fumer !"