Bruxelles

Une pétition en ligne réclamant un plan ambitieux et concret pour la qualité de l’air à Bruxelles avait rassemblé des milliers de signatures l’été dernier. Derrière cette initiative, on retrouve des citoyens concernés par la qualité de l’air, des parents inquiets pour leur santé et encore plus pour celles de leurs enfants. "Notre première réunion avait eu lieu dans un parc. A l’époque, l’IBGE organisait une consultation publique sur le plan bruxellois Air-Climat-Energie. On ne voulait pas que cela se fasse en stoemelings et on s’est dit qu’on devait faire quelque chose" , se souvient Annika Cayrol de la plateforme BXLairpropre.

D’où le lancement de la fameuse pétition qui avait rassemblé plus de 3 000 signatures en une douzaine de jours. Depuis lors, les membres de la plateforme ne sont pas restés les bras croisés. Avec un appareil professionnel, ils effectuent des mesures du taux de particules ultrafines présentes dans l’air. Ces fameuses particules dont le diamètre est inférieur à 0,1 micromètre sont considérées par l’OMS comme étant les plus toxiques pour l’organisme.

"En ville, on devrait avoir un taux maximal de 50 000 particules ultrafines par centimètre cube. Or, nous avons atteint des taux bien plus élevés notamment du côté de la place Blyckaerts avec 243 000 particules ultrafines par centimètre cube. Et sur la Petite Ceinture durant les heures de pointes, on ne passe jamais en dessous de la barre des 50 000" , indique Annika Cayrol qui estime que les pouvoirs publics ne mesurent pas assez de types de polluants en Région bruxelloise. "Et il faudrait davantage de stations mobiles pour avoir une idée plus précise de la pollution en ville."

Pour les membres de BXLairpropre, la qualité de l’air est une question de santé publique. "Selon l’étude réalisée par Catherine Bouland, professeur en Santé Environnementale à l’ULB, 632 personnes meurent prématurément chaque année à Bruxelles à cause de la pollution de l’air. En tant qu’asthmatique, je veux des solutions. Mon médecin me recommande de quitter Bruxelles, mais je n’ai pas envie !" , témoigne Karin.

Ce vendredi matin, ces citoyens inquiets ont donc tenté de conscientiser les parlementaires bruxellois qui se rendaient en séance plénière pour un débat sur le climat en vue du sommet international qui se tiendra à Paris en décembre. Habillés comme des serveurs, ces militants ont offert aux députés des verres d’eau sale, à l’image des 10 000 litres d’air pollué que les poumons de chaque Bruxellois inspirent chaque jour.

Une façon ludique de faire savoir que le plan Air-Climat-Energie proposé par la ministre bruxelloise de l’Environnement Céline Fremault (CDH) n’est pas suffisamment concret à leurs yeux. "C’est une liste de bonnes intentions sans calendrier ni budget. On a dépassé le stade des études, nous voulons des solutions !" , lâche Annika Cayrol.

Et de citer quelques mesures attendues : création d’une zone basse émission; meilleure organisation des transports en commun, installation d’un péage urbain; mise en place d’une fiscalité permettant la réduction du diesel, etc.