Bruxelles

Mieux faire connaître les communes et mieux y faire participer le citoyen, tels sont les objectifs de la Semaine européenne de la Démocratie locale qui débute ce lundi à Bruxelles ainsi que dans 3 000 municipalités européennes. Une semaine articulée sur la date anniversaire de la signature de la Charte européenne de l’Autonomie locale, le 15 octobre 1985.

Répondant à l’appel du Conseil de l’Europe (47 états membres pour 800 millions d’habitants), toutes les communes bruxelloises, plusieurs CPAS, des dizaines d’écoles et d’associations se sont mobilisées pour préparer plus de 70 projets allant dans ce sens : portes ouvertes et visites guidées, débats et rencontres, accueil et information des habitants, improvisations, concours, spectacle et animation. "Les communes sont souvent les mieux placées pour avoir un dialogue direct avec les citoyens et trouver les réponses les plus urgentes - et souvent les plus adaptées - aux défis rencontrés par la population", explique Charles Picqué (PS), ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale.

Et si la Région bruxelloise est l’une des dix régions pilotes de l’initiative, elle a laissé libre cours aux communes de développer des activités à leur sauce locale. "Ce n’est pas une manifestation imposée d’en haut vers le bas", précise Paul-Henri Philips du comité européen sur la Démocratie locale et régionale (CDLR). "Notre but est d’aller vers le citoyen", explique Cécile Jodogne (MR), bourgmestre ff de Schaerbeek, commune mise à l’honneur pour cette seconde édition. "Chacun doit se sentir concerné par cette semaine. Mais ce n’est non plus un "one shot" de quelques jours : par cette action, on veut resouligner ce qui se fait durant toute l’année".

En plein débat sur la répartition des compétences entre la Région bruxelloise et les 19 communes de la capitale, le message de cette initiative n’est pas uniquement destiné aux citoyens. "Il est aussi adressé aux autres pouvoirs publics", précise Cécile Jodogne.

A l’heure où certains régionalistes rêveraient de voir disparaître ce qu’ils considèrent comme 19 "baronnies locales" à Bruxelles, les communes auraient ainsi plus que jamais leur utilité, selon les initiateurs du projet. "Dans les communes, on démontre que le pouvoir n’est pas quelque chose de poussiéreux", explique Marc Cools, président de l’Association des villes et des communes de la Région de Bruxelles-Capitale. "Il est proche du citoyen, concret. Il faut beaucoup d’humilité quand on travaille dans la politique locale".

Les municipalistes concèdent toutefois qu’une meilleure répartition des compétences entre communes et Région est nécessaire. "La Région a, ces dernières années, eu tendance à vouloir tout imposer", poursuit Cécile Jodogne. "Le dialogue semble à nouveau être instauré et c’est très positif. Je suis totalement ouverte à ce qu’on discute d’une meilleure redéfinition des frontières entre certaines communes ou du transfert de compétence communale vers la Région, notamment en matière d’urbanisme. Mais ces transferts doivent également se faire en sens inverse. Je pense par exemple à la propreté publique". "Le pouvoir communal reste fondamental à Bruxelles", poursuit Marc Cools. "On voit ce qu’a donné la fusion des communes à Anvers où ils sont en train de faire marche arrière".