Bruxelles

La volonté de la conseillère communale et présidente du CPAS etterbeekois Françoise Bertieaux (MR) de vendre une maison du 19e siècle située au n°28 de l’avenue de Tervueren à une société immobilière qui projette de la raser, se heurte à une levée de boucliers. Le projet de construction d’un immeuble de 8 étages en lieu et place de cette demeure du XIX e siècle inscrite à l’inventaire du patrimoine de la Région bruxelloise a ainsi soulevé une franche opposition de la part de mandataires politiques, de riverains et d’associations. Pour ces opposants au projet, il s’agirait d’une énième profanation du patrimoine bruxellois.

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Le projet de démolition de la maison est d’autant plus explosif qu’il est loin d’impliquer une citoyenne comme les autres, Françoise Bertieaux étant mandataire locale et députée bruxelloise. Même si l’affaire n’est pas illégale, des internautes estiment qu’on peut attendre d’une élue qu’elle participe à la sauvegarde du patrimoine régional.

Alors que l’enquête publique, qui concerne une demande de certificat d’urbanisme, s’achève le 11 janvier, la majorité refuse de commenter l’affaire, se retranchant derrière le respect de la procédure. "La loi m’interdit d’en parler" , répond l’échevin de l’Urbanisme Frank Van Bockstal (LB). "Je vais présider la commission de concertation (NdlR : le 19 janvier) , je ne peux donc rien dire" , insiste, de son côté, le bourgmestre Vincent De Wolf (MR).

Inscrite à l’inventaire du patrimoine

Comme la maison n’est pas classée et qu’elle peut légalement être démolie, les amoureux du patrimoine bruxellois ont des raisons d’être inquiets. La position officielle de la Région bruxelloise devrait cependant les rassurer quelque peu. "Aucune demande de classement n’a été introduite, mais cela ne justifie pas pour autant la démolition de cette maison. Au vu de l’intérêt patrimonial de cette maison construite par Jules Barbier en 1898, la Région, au travers de la direction des Monuments et Sites, compte s’opposer à la démolition" , affirme le cabinet du ministre-Président Rudi Vervoort (PS) en charge du Patrimoine.

En effet, le principe du respect des caractéristiques architecturales et urbanistiques permet de refuser la démolition d’une maison. Un refus d’autant plus justifié lorsque le bâtiment se trouve à l’inventaire. Heureusement, il n’est donc pas nécessaire de classer toutes les maisons intéressantes architecturalement parlant pour empêcher leur destruction.

Françoise Bertieaux : "C’est de l’acharnement !"

"Je n’ai aucune idée aujourd’hui de la réelle mobilisation que cela suscite. Il m’est en effet impossible de faire la différence entre ceux qui jettent en pâture une personnalité sur laquelle ils s’acharnent et ceux qui veulent vraiment défendre le patrimoine. Ce que je sais en tout cas, c’est que ma famille vit très mal le fait que cette décision privée ait pris une telle ampleur au fil des jours ", affirme la libérale.