Bruxelles De plus en plus de personnes sont identifiées grâce aux caméras mobiles.

La chasse aux dépôts clandestins est un large pan de la politique de propreté à Molenbeek. Pour lutter efficacement contre ce fléau, la cellule incivilité s’est dotée depuis septembre 2016 de caméras mobiles qui enregistrent les comportements inciviques. Cela va d’un sac rempli d’ordures ménagères personnelles déposé dans une poubelle publique à un matelas jeté sur un trottoir.

"Chaque année, nous enlevons 4 000 tonnes de déchets et les dépôts clandestins représentent plus de la moitié", explique Olivier Mahy (MR), échevin de la Propreté publique. Et bien que des campagnes de sensibilisation soient menées auprès de la population, on ne peut pas dire que celles-ci portent leurs fruits. "Cela n’a presque pas d’impact. Il y a quand même un effet d’entraînement qui fait que chacun jette ce qu’il veut quand il veut", commente l’échevin.

Une centaine de citoyens identifiés

Une demande pressante des riverains s’est fait sentir. "Ce sont les citoyens qui viennent vers nous pour nous dire qu’ils veulent qu’on mette des caméras", note Olivier Mahy. Depuis un an, ce sont donc sept caméras mobiles qui sont installées pendant plusieurs jours dans différents endroits de la commune et qui enregistrent les méfaits. Tous les deux jours, les vidéos sont relevées et visionnées.

"On identifie les gens grâce à leur plaque minéralogique ou grâce à leur visage. Après on fait une enquête de quartier pour savoir si les gens connaissent la personne ou on fait appel à la police", explique l’échevin. Parfois les vidéos montrent même la personne sortir de chez elle, car contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est souvent des habitants de la rue qui jettent leurs déchets au bout de leur trottoir.

Au fur et à mesure de leurs enregistrements, les distances optimales ont été analysées et les angles peaufinés. Si bien qu’après un an, le taux d’identification est passé de 10 à 40 %. Sur l’année écoulée, il y a même eu une centaine de citoyens identifiés en flagrant délit. Toutes ces personnes reçoivent un courrier demandant de s’acquitter des 100 € de l’amende administrative et 150 € de frais d’enlèvement. Une facture qui peut monter si on est récidiviste ou en fonction de la nature et de la quantité des déchets. L’échevin se dit satisfait des actions qui sont menées pour lutter contre les dépôts clandestins et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Un dispositif d’une telle ampleur est une première à Bruxelles et d’autres communes et zones de police viennent souvent prendre exemple. La commune rappelle également que des opérations containers se déroulent régulièrement dans plusieurs quartiers de la commune. Une vingtaine d’entre elles est prévue cette année.


Les caméras filmeront bientôt en direct

Molenbeek La répression va prendre de plus en plus d’ampleur dans la commune. Après avoir répondu à un appel d’offres de la Région, Molenbeek va recevoir 60 000 € pour faire l’acquisition de nouvelles caméras en wifi qui pourront retransmettre en direct.

"Outre la partie enregistrement qu’on fait depuis déjà un an et demi, il y aura tout l’aspect de flagrant délit en direct. Tous les gens qu’on n’a pas pu identifier, c’est en partie parce qu’ils n’ont pas pu être appréhendés sur le moment même", explique Olivier Mahy (MR), échevin de la Propreté publique. Le service va donc faire l’acquisition de deux à trois nouvelles caméras.

Les images seront retransmises en direct vers le poste de police qui aura une vue sur les images et qui pourra ainsi contacter les hommes sur le terrain. "Le visionnage d’images en direct sur la voie publique ne peut être fait que par la police. C’est pour ça qu’on est obligé de passer par le dispatching. On placerait une ou deux caméras dans un périmètre et on repère les mouvements suspects, une voiture qui s’arrête ou quelqu’un qui traîne quelque chose de bizarre", précise Olivier Mahy. Les équipes situées dans un périmètre de 150 mètres pourraient ainsi intervenir directement.

L’argent octroyé par la Région permettrait aussi d’acquérir les dispositifs nécessaires pour cacher les caméras. "Quand on fait de la surveillance sur le terrain, il faut être discret. Etre dans une voiture ou au coin d’un arbre, ce n’est pas discret. Il faut être loin, pas en vue, dans une rue parallèle, même. Une des difficultés, c’est aussi de trouver le bon endroit, avec un bon angle pour la caméra, commente l’échevin. C’est ce à quoi on voudrait arriver en 2018."