Bruxelles Un projet pilote a été lancé sur un terrain situé à proximité du pont Van Praet, à Schaerbeek.

Un lit, une cuisine, un frigo, des toilettes et une douche, tout l’équipement de base d’un habitat normal est prévu dans les deux petits logements modulaires déplaçables qui sont désormais installés sur un terrain appartenant à Citydev à Schaerbeek, près du pont Van Praet, sur le site de Bridgecity. Ces deux appartements compacts ont été présentés au public ce jeudi et font partie d’un projet pilote lancé par la campagne 400 Toits qui vise à offrir aux personnes sans-abri des logements à moindre prix.

La campagne 400 Toits réunit une dizaine d’associations qui visent la fin du sans-abrisme de rue à Bruxelles et a comme but de créer des logements pour les personnes qui vivent dans la rue. L’objectif : trouver 400 logements d’ici 2020. Parmi les différentes actions menées, l’idée de créer rapidement des logements modulaires déplaçables est née de la constatation qu’il existe à Bruxelles des terrains en friche ou en attente d’un projet immobiliers qui ne sont pas valorisés.

Pourquoi ne pas donc y implanter des logements de façon temporaires afin d’offrir un toit aux personnes qui en ont le plus besoin ? C’est la démarche entreprise par les différentes associations au travers de la campagne 400 Toits pour créer ce projet d’inclusion sociale et de rénovation urbaine. Résultat, deux types de logements ont été développés : le Moving Nest et le Wald-Cube. Ils sont dès à présent en attente de terrains prêts à les accueillir car leur implantation sur le site de Citydev ne durera que trois mois, une période trop courte pour y installer quelqu’un selon les membres de la campagne 400 toits, mais cette première étape pourra permettre aux potentiels futurs investisseurs et aux pouvoirs publics de se rendre compte du projet. Les différents modules seront ainsi utilisés pour être présentés à toute personne intéressée.

Les deux studios sont prévus pour une personne et répondent aux normes d’habitabilité imposées par la Région en termes de surface, d’équipement, de salubrité et de sécurité. Leur fabrication prend entre un mois et un mois et demi et leur installation sur le terrain peut prendre entre un et trois jours. Les modules sont reliés aux réseaux électriques et d’eau, et aux égouts. Une solution rapide et efficace pour loger les personnes sans-abri. Mais si les modules sont bel et bien là, il reste maintenant à trouver des terrains pour les accueillir.

La campagne 400 Toits recherche donc des endroits qui pourraient accueillir ces modules pour une durée minimale de 24 mois, que ce soit sur des terrains en friche ou dans le jardin de particuliers. Les modules pourraient être déplacés de terrain en terrain au terme de cette période. Seul hic, le permis d’urbanisme pour une installation temporaire prend autant de temps et est aussi lourd administrativement qu’un permis d’urbanisme classique. Les associations appellent donc les pouvoirs publics à revoir à la baisse les démarches à entreprendre pour ce type d’installations.

Dès qu’un terrain sera disponible, la campagne 400 toits attribuera les premiers logements à une association partenaire qui y placera une personne sans-abri qui payera un loyer réduit ainsi que ses charges et sera suivie et accompagnée tout au long de ses démarches. L’objectif étant que cela ne soit qu’une solution temporaire, le temps que la personne puisse trouver un logement durable. Mais si au terme de ces 24 mois, la personne se trouve toujours dans le module, il est envisageable qu’elle continue à y vivre au nouvel endroit où il sera déplacé.